Face à surpopulation pénale, un syndicat pénitentiaire tire la sonnette d'alarme

PRISON Le syndicat national des directeurs pénitentiaires évoque des effectifs manquants…

20 Minutes avec AFP

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Un gardien de prison devant une cellule
Un gardien de prison devant une cellule — Pascal Pochard Casabianca AFP

Le Syndicat national des directeurs pénitentiaires (CFDT) a appelé la Garde des Sceaux Christiane Taubira a réagir sans attendre face à une surpopulation pénale intenable, assurant que les personnels n'ont plus les moyens d'exercer leurs missions.

«La surpopulation pénale, dont nous souhaitons une statistique mensuelle et plus annuelle à l'instar de celle des publics écroués, est le plus grand danger pour la population en général», écrit le syndicat dans un lettre ouverte adressée à la ministre de la Justice.

«Oui, battus ou frôlés chaque mois, les records de surpopulation carcérale nous sont familiers». Mais, pour «combien de temps encore» et «à quel prix» cette situation peut-elle durer», demande-t-il.

«Nous sommes usés»

67.820 personnes étaient incarcérées en France au 1er février dernier soit un taux de 117,9% par rapport au nombre de places disponibles.

«Mesurez-vous les risques pour l'intégrité physique et morale, voire la vie des détenus entassés dans des cellules à 3 ou 4 si ce n'est plus (...), les responsabilités administratives voire pénale exorbitantes qui pèsent sur nos épaules?», demande le SNDP-CFDT

«Nous sommes usés, nos personnels sont fatigués par des journées à flux tendus», insiste le syndicat, qui évalue le personnel manquant à 1.000 surveillants et au moins une trentaine de directeurs. «Nous ne pouvons travailler correctement (...) et nous le ferons savoir à la Nation», préviennent les représentants des directeurs de prison.

En conséquence, le SNDP appelle la garde des Sceaux à «actionner tous les leviers» à sa disposition pour «sortir de cette impasse».