Violences sexuelles à l’armée: Le Drian présente mardi son plan de lutte

ARMEES Le ministre de la Défense souhaite lutter efficacement contre les violences sexuelles et le harcèlement au sein des armées… 

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian le 3 mars 2014 à Poitiers
Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian le 3 mars 2014 à Poitiers — Guillaume Souvant AFP

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian présente ce mardi un plan d’action, annoncé comme «vigoureux», pour lutter contre les violences sexuelles et le harcèlement dont sont victimes des femmes militaires dans les armées, dénoncés dans un livre-enquête paru fin février.

» L’interview des auteurs de La guerre invisible

«Inacceptable», «Tolérance zéro»: dès la sortie de l’ouvrage, le ministre de la Défense a affiché sa détermination à combattre de tels agissements. Un rapport commandé à l’inspection générale et au contrôle général des armées sur la «prévention des risques de harcèlement sexuel et moral», assorti de mesures concrètes, lui sera remis à 11H00 à l’Ecole militaire. Jean-Yves Le Drian doit annoncer dans la foulée «dix initiatives clés», devant 200 hauts responsables civils et militaires de la Défense.

Quatre grands engagements

Le plan ministériel sera organisé autour de quatre engagements, au premier rang desquels figure l’accompagnement des personnels.

«Le premier objectif, c’est l’accompagnement des victimes», souligne-t-on dans l’entourage du ministre. Il s’agit de lever les freins qui empêchent certaines d’entre elles de dénoncer les faits dont elles ont été victimes, comme la peur de représailles ou la crainte pour leur carrière.

La Défense entend aussi accompagner le commandement, notamment dans le domaine juridique, pour l’aider à traiter les cas qui lui sont signalés.

La prévention sera également renforcée, par la sensibilisation, la formation des personnels, ou encore «l’aménagement des cadres de vie» pour permettre une meilleure intégration des femmes dans les armées. La Défense promet également de faire preuve de transparence.

Enfin, le quatrième engagement portera sur la politique disciplinaire en cas de harcèlement ou de violences sexuelles.

La réaction de la Défense montre l’impact de La guerre invisible (Ed. Les Arènes et Causette), le livre-choc de Leila Minano et Julia Pascual, dans un pays dont l’armée est la plus féminisée d’Europe, avec 15 % de femmes militaires. Un travail jugé «sérieux» par le ministère.

Une forme «d’omerta»

Dans cet ouvrage, les deux journalistes décrivent le calvaire de femmes soldats âgées d’une vingtaine d’années harcelées verbalement ou physiquement, dans un milieu brutal d’où les femmes seraient souvent rejetées et soumises aux brimades de petits chefs.

C’est cette forme d'«omerta» que dénonce le livre: nombre de victimes seraient dissuadées de porter plainte, voire mutées, pour préserver l’image des armées. Une «loi du silence» que Jean-Yves Le Drian, qui affirme «haut et fort la place des femmes au ministère de la Défense», assure vouloir combattre.