VIDEO. Les aides au logement pour les étudiants non boursiers sont-elles menacées?

LOGEMENT Les organisations étudiantes montent au créneau pour réclamer la sauvegarde des APL pour les étudiants non boursiers…  

Delphine Bancaud
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 Une Caisse d'allocations familiales (CAF) à Lille.
 Une Caisse d'allocations familiales (CAF) à Lille. — BAZIZ CHIBANE/SIPA

La rumeur s'amplifie depuis quelques jours et commence à inquiéter. Plusieurs organisations étudiantes (l’Unef, la Fage, l’Uni) ont fait part, ce lundi, de leurs craintes de voir les Aides personnalisées au logement (APL) supprimées pour les étudiants non boursiers. Une piste d’économie pour le gouvernement évoquée à plusieurs reprises dans la presse ces dernières semaines et une fois de plus dans le JDD ce dimanche.

Car avec l’objectif que s’est fixé le gouvernement de réaliser 50 milliards d’euros en trois ans, plusieurs aides sociales pourraient subir un coup de rabot. La Cour des comptes aurait donc suggéré de supprimer les APL pour les non boursiers, ce qui permettrait de dégager une économie de 800 millions d’euros. Dans son rapport 2010, elle suggérait déjà un recentrage des APL sur les étudiants boursiers, insistant même sur sa «nécessité impérieuse, tant au regard de la justice sociale que de la situation des finances publiques». Pour justifier cet avis, La Cour des comptes indiquait que les APL étaient «faiblement redistributives» et qu’en 2009, le nombre de boursiers était deux fois et demi plus élevé que celui des allocataires boursiers.

Les politiques embarrassés

Contacté par 20 Minutes, le ministère de l'Enseignement supérieur précise qu'«aucune décision gouvernementale n’a été prise à ce jour». «Pour Geneviève Fioraso, sa priorité reste la réussite des étudiants qui passe par la qualité de leurs conditions de vie. Elle sera particulièrement attentive aux conditions d’accès au logement non seulement des étudiants les plus modestes, mais aussi de ceux qui n’ont d’autre choix que de se loger dans le parc privé», précise le ministère.

Interrogé ce lundi sur Europe 1, le nouveau ministre des Finances, Michel Sapin, n’a ni confirmé, ni infirmée cette hypothèse. La veille, lors du Grand rendez-vous i < Télé, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, n’avait pas pas nié non plus que cette piste était à l’étude.


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Les étudiants des classes moyennes seraient les premières victimes

Si cette mesure était retenue par le gouvernement, elle causerait d’importants dommages aux étudiants, comme le souligne l’Unef dans un communiqué: «Le paiement du loyer est déjà le premier poste des dépenses des étudiants et représente la moitié de leur budget […] La mesure d’économie présentée revient à supprimer, pour 550.000 étudiants allocataires, une aide entre 150€ et 200€ par mois. En supprimant brutalement un tiers de leur revenu, cette mesure empêchera des jeunes de rester dans leur logement, et donc de poursuivre leurs études dans l’enseignement supérieur», indique le premier syndicat étudiant. Même son de cloche à la Fage, soulignant que cette mesure toucherait «les étudiants issus des classes moyennes» qui «sont les grands oubliés des aides sociales et ne bénéficient que des aides aux logements». Cette mesure pourrait aussi faire croître le salariat étudiant, alors qu’une enquête menée par l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) publiée en décembre montrait que 46% des étudiants travaillaient en parallèle à leurs études.

En attendant les conclusions du Haut Conseil sur la dépense publique qui se réunira mardi, l'Unef a déjà commencé à mobiliser.