Faute d'utilisateurs, Orange met fin à la commercialisation des télécartes

TELEPHONIE Lundi 14 avril 2014, l’opérateur arrête de vendre des télécartes aux grossistes faute de «fréquentation» des cabines téléphoniques…

Romain Lescuieux
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Une boutique Orange à Lille
Une boutique Orange à Lille — Philippe Huguen AFP

Bientôt la fin des cabines téléphoniques? Si elles tiennent encore le coup, les cartes prépayées, moins... A partir de ce lundi 14 avril 2014, Orange ne vendra plus de cartes prépayées pour cabines téléphoniques aux réseaux de grossistes. Ces fameuses «télécartes» à puce de 50, 100 ou encore 120 unités dont les ventes se sont effondrées, victimes de la téléphonie mobile, vont donc disparaître au fur et à mesure.

«Nous avons décidé de mettre un terme à la commercialisation vers les réseaux de grossiste mais les utilisateurs pourront continuer d’en acheter dans les points de vente tant qu’ils ont du stock», rassure la communication d’Orange. Les dernières cartes seront valables jusqu’au 28 février 2016.

«Pas un marché en plein boom»

Les ventes de ces cartes utilisées dans les cabines téléphoniques ont chuté ces dernières années même si Orange ne chiffre pas cette dégringolade. «Nous ne sommes pas sur un marché en plein boom», plaisante-t-on chez l’opérateur téléphonique, qui justifie sa décision: «L’obsolescence du lecteur à carte et la baisse de fréquentation des cabines téléphoniques ont motivé l’arrêt de la commercialisation».

Leur disparition ne met en revanche pas un terme à l’utilisation des cabines téléphoniques. Il sera possible d’appeler grâce au «ticket téléphone», carte prépayée avec code et avec les cartes bancaires dans 72 % d’entre elles. Même si petit à petit la fameuse cabine disparaît du mobilier urbain.

40.050 cabines encore gérées par Orange

«1997 était l’année phare des cabines téléphonique. Après c’est la chute», explique Orange. Son utilisation a chuté de 90 % en 10 ans et une cabine sert actuellement 3 minutes par jour. Au 1er octobre 2013, on comptait 103.200 «publiphones» sur le territoire national (outre-mer compris), pour 95.754 à la même date, l’année suivante.

Mais Orange a pour obligation de continuer de gérer des cabines sur le territoire au nom du «service universel des communications électroniques». En effet, cette loi prévoit l’existence d’une cabine téléphonique par commune et d’une seconde cabine pour les communes de plus de 1.000 habitants. L’opérateur doit ainsi maintenir 40.050 cabines téléphoniques en France. Le reste du parc, lui, se déplume.

«Nous enlevons celles où il n’y a plus de trafic, et qui ne sont pas concernées par le service universel», ajoute la communication d’Orange. Mais les amoureux des boites en verre peuvent être rassurés, les cabines ne vont pas tout de suite disparaître.

Coût: 11,7 millions d’euros en 2013

Vendredi 14 février 2014, le mandat qui fait de l’opérateur le gestionnaire unique des publiphones est arrivé à son terme. Depuis, l’Etat doit désigner le nouveau fournisseur du service universel -Orange ou un autre-.

L’année dernière, les cabines téléphoniques ont coûté 11,7 millions d’euros sur les 30,7 millions alloués au service universel, et cette somme devrait atteindre 12,3 millions en 2014, selon les chiffres de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes).