Assassinat d'Agnès Le Roux: Maurice Agnelet condamné à 20 ans de prison

JUSTICE L'accusé, âgé de 76 ans, continue de se dire «innocent»…

20 Minutes avec AFP

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Maurice Agnelet arrive au Tribunal, le 10 avril 2014.
Maurice Agnelet arrive au Tribunal, le 10 avril 2014. — David Vincent/AP/SIPA

Après plus de sept heures de délibération, les jurés de la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine ont tranché. Ils viennent de condamner Maurice Agnelet à 20 ans de réclusion criminelle, le reconnaissant coupable de l'assassinat en 1977 de sa maîtresse, Agnès Le Roux, héritière d'un casino niçois.

Jeudi, l'avocat général avait requis à l'encontre de l'ex-avocat 20 ans de réclusion criminelle. Maurice Agnelet a déjà purgé cinq années après sa condamnation à 20 ans de réclusion criminelle en 2007 par la cour d'assises d'appel des Bouches-du-Rhône, condamnation finalement remise en question par la Cour européenne des droits de l'Homme, d'où ce nouveau procès à Rennes.

L'avocat de Maurice Agnelet, Me François Saint-Pierre, avait réclamé jeudi l'acquittement de son client, faute de preuve.

«Sourrire stoïcien»

Imperturbable comme il l'a été tout au long des quatre semaines de son procès, Maurice Agnelet n'a pas particulièrement réagi à l'annonce de sa condamnation, alors que les membres de la famille d'Agnès Le Roux s'étreignaient longuement.

Maurice Agnelet est reparti du palais de justice de Rennes dans le fourgon pénitentiaire. Ce soir, il dormira en prison.

Maurice Agnelet a reçu cette décision avec «un sourrire stoïcien», a dit son avocat, Me François Saint-Pierre. «Cet homme est déterminé à se battre. C'est lui qui décidera en conscience [de se pourvoir en cassation]. Car lui seul sait ce qu'il s'est passé».

«Il se dit innocent»

Interrogé sur ce que l'accusé lui avait dit à l'énoncé du verdict, son avocat a confié que Maurice Agnelet «était très surpris et déçu de ce verdict. Surpris car il croyait que la justice l'acquiterait, en l'absence de preuve. Déçu car il se dit innocent».

Hervé Témine, l'avocat de la famille Le Roux, a salué la décision de la cour «absolument incritiquable». «Ce qui a dû emporter la conviction de la cour, c'est l'accumulation d'éléments qui rendait sa culpabilité évidente. Je regrette que Maurice Agnelet n'ait pas voulu dire la vérité».

Deux mois pour un pourvoi

Jean-Charles Le Roux, le frère d'Agnès Le Roux a estimé «avoir gagné ce qu'on devait gagner, à savoir une vérité judiciaire. Ce qui n'est pas grand chose». Il regrette que Maurice Agnelet n'ait pas avoué.

Ce dernier peut toujours se pourvoir en cassation. Il a cinq jours pour le faire. Décision qu'il devrait prendre demain, selon son avocat.