Christine Boutin le 11 juillet 2013 à Paris.
Christine Boutin le 11 juillet 2013 à Paris. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

JUSTICE

«L'homosexualité, une abomination»: Une plainte contre Boutin

L'inter-LGBT reproche à l'ancienne ministre d'avoir qualifié l'homosexualité d'«abomination»...

L'inter-LGBT a déposé plainte vendredi à Paris contre Christine Boutin. Elle reproche à l'ancienne ministre d'avoir qualifié l'homosexualité d'«abomination». Le président de l'association qui représente lesbiennes, gays, bisexuels et trans, et son avocat, ont déposé plainte pour diffamation et incitation à la haine au commissariat du XVIe arrondissement à Paris.

«Propos inacceptables»

«Les propos tenus par Christine Boutin sont inacceptables. C'est une attaque contre les homosexuels. Nous attendons de la justice qu'elle ne cautionne pas de tels propos car cela reviendrait à cautionner l'homophobie», a déclaré Nicolas Rividi, porte-parole de l'Inter-LGBT

«C'est quelqu'un qui tient ce genre de propos depuis quinze ans. Elle ne peut pas ignorer sa responsabilité. Qu'elle assume la croisade personnelle qu'elle mène contre les homosexuels», a-t-il poursuivi.

«Le péché n'est jamais acceptable, mais le pêcheur est toujours pardonné»

Dans une longue interview au magazine Charles, sorti début avril, l'ancienne présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD), affirme que «l'homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n'est jamais acceptable, mais le pêcheur est toujours pardonné».

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, avait jugé ces propos «insupportables, inacceptables, impardonnables» alors que le PS y avait vu «l'expression d'une haine qui n'a pas sa place dans la vie politique».

Sur Facebook, un groupe «Je porte plainte contre Christine Boutin» a été constitué. Plusieurs personnes y annoncent leur intention de poursuivre la responsable politique, à titre individuel, suite à ses propos.

«Je regrette que le sens de mon propos ait pu être mal compris»

Vendredi, Christine Boutin a déclaré dans un communiqué : «j'admets que le mot ''abomination'', sorti de son contexte originel et du texte complet prononcé dans lequel il se trouvait, ait été un propos maladroit. Je n'ai proféré aucune attaque personnelle et regrette que le sens de mon propos ait pu être mal compris, voire blesser».