Soigner le cancer de la prostate par les ultrasons

SANTE Les équipes de l’Hôpital Edouard-Herriot à Lyon ont réalisé une première mondiale...

A Lyon, Caroline Girardon
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Ce reproche récurrent des urgentistes à leurs confrères libéraux a été souligné par plusieurs rapports ces dernières années. Le dernier, rendu en août 2007 au gouvernement, a fait le constat d'une permanence des soins "peu fiable, fragile et coûteuse".
Ce reproche récurrent des urgentistes à leurs confrères libéraux a été souligné par plusieurs rapports ces dernières années. Le dernier, rendu en août 2007 au gouvernement, a fait le constat d'une permanence des soins "peu fiable, fragile et coûteuse". — Jean-Philippe Ksiazek AFP

Cette fois, plus besoin d’avoir recours à la radiothérapie ou à l’ablation de l’organe. Pour la première fois au monde, les équipes de l’hôpital Édouard-Herriot à Lyon ont mis au point «Focal One», un nouveau procédé pour soigner les patients atteints d’un cancer de la prostate à «faible risque» ou «risque intermédiaire».

L’appareil, développé il y a 3 ans à Lyon, est actuellement testé à Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lille et Paris mais aussi en Pologne, en Suisse et en Allemagne.

Pas d’ablation ni de cicatrice

«Aujourd’hui, on propose de traiter localement le cancer grâce à des ultrasons focalisés, précise le professeur Albert Gelet, du service d’urologie. On vise uniquement les tumeurs. Ce qui permet d’épargner le reste de la prostate. Car lorsque l’on traite l’organe dans son ensemble, il y a des risques élevés d’incontinence urinaire ou de séquelles sexuelles.» «En ciblant le traitement, on diminue de dix le risque d’effets secondaire», poursuit Sébastien Crouzet, chirurgien urologue.

L’opération est similaire à une péridurale: seul le bas du corps du patient est endormi. Une sonde, introduite dans le rectum, permet ensuite de visualiser en trois dimensions l’état de la tumeur suspectée et d’intervenir. «Normalement, une séance de 20 minutes à 2 heures, selon les cas, suffit pour traiter le patient qui n’a aucune cicatrice à la sortie», explique Sébastien Crouzet. Ce traitement, en cours d’évaluation, a été expérimenté sur une soixantaine de malades à Lyon. Et les médecins envisagent de le tester sur d’autres pathologies: «On a déjà traité une vingtaine de patients qui avaient un cancer du foie, indique un membre de l’équipe. On envisage de traiter de la même façon les tumeurs du poumon.»