Camper près de chez soi devient tendance

TOURISME Avec la crise, les Français n'hésitent plus à louer un emplacement nu ou à réserver un hébergement locatif dans un camping proche de leur domicile...  

Delphine Bancaud

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Illustration tentes de camping en France.

Illustration tentes de camping en France. — GILE MICHEL/SIPA

Le camping a le vent en poupe chez les Français. Vendredi, l'Insee constatait qu'ils y avaient passé 71,3 millions de nuitées durant la saison 2013 soit une hausse de 1,6% alors que dans le même temps la fréquentation globale des hébergements touristiques dans l'Hexagone par la clientèle française avait diminué de 1,2%.

Et les ménages sont de plus en plus nombreux à planter leur tente à quelques kilomètres de chez eux comme le constatatait au début du mois la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA), à l'occasion de la présentation des tendances de la saison 2014. 

«Le développement du tourisme de l’hyperproximité est notable ces dernières années. Ce qui bénéficie autant aux emplacements nus dans les campings qu’aux hébergements locatifs, particulièrement dans les structures qui sont implantés sur le littoral», souligne ainsi le Président du FNHPA Guylhem Féraud.

Une solution économique

Une tendance d’abord due à la crise: «Les personnes qui n’ont pas de voiture ou qui souhaitent limiter leurs frais d’essence, partent près de chez eux», note Joëlle Rohat, vice-présidente du FNHPA et exploitante d’un camping dans le Calvados. D’autant que les tarifs du camping restent très abordables. «En haute saison, il faut compter en moyenne 15 euros par nuit et par famille pour un emplacement nu dans un camping une étoile et 68 euros pour une nuit dans un hébergement locatif», précise Guylem Féraud. Partir près de chez soi permet aussi de séjourner moins longtemps. «Or en 2012 et en 2013 la durée moyenne d’un séjour en camping était de 5 jours», explique-t-il.

Les aides financières pour les vacances proposées par les Caisses d’allocations familiales (Vacaf) aux familles les plus en difficultés, ont également contribué au développement de ce tourisme de proximité, ces bons n’étant utilisables que dans des centres de vacances et des campings agréés par les CAF, dont beaucoup se situent à proximité du domicile des allocataires.

Les cadres s’évadent aussi près de chez eux

Mais le développement du camping près de chez soi ne s’observe pas uniquement chez les ménages qui se serrent la ceinture. Les CSP + en sont aussi plus friands ces dernières années, comme le note Nicolas Dayot, président du syndicat départemental de l’hôtellerie de plein air du Finistère: «Beaucoup d’entre eux ont envie de partir très souvent depuis la mise en place des 35 heures. Donc dès qu’il y a un rayon de soleil, ils n’hésitent plus à s’offrir un week-end dans un camping proche pour se mettre au vert ou profiter des animations qu’offrent les campings clubs». Et même à 20 ou 30 kilomètres de chez eux, le dépaysement est réel.

Pour séduire cette clientèle de proximité et la fidéliser, les campings se sont mis en ordre de bataille: «Nous développons des activités et des jeux hors saison pour les clients qui viennent le week-end à partir du mois d’avril. Certains établissements ont même fait construire des piscines couvertes», observe Nicolas Dayot. Les campings savent aussi qu’avec le développement du tourisme d’hyperproximité, ils auront peut-être l’occasion de capter une clientèle qui leur échappe actuellement: celle des 50 % de Français qui ne partent jamais en vacances, et pas uniquement pour des raisons économiques. «Ils ont parfois peur de l’inconnu. L’aventure a quelques kilomètres de chez eux, cela leur semble plus rassurant», affirme Nicolas Dayot.
 

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