Affaire Kulik: Willy Bardon probablement bientôt remis en liberté

JUSTICE La cour d'appel d'Amiens a ouvert mardi la voie à une remise en liberté, sous stricte surveillance, de Willy Bardon, le principal suspect...

F.V. avec AFP

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Willy Bardon est est le seul mis en examen dans l'affaire Elodie Kulik.
Willy Bardon est est le seul mis en examen dans l'affaire Elodie Kulik. — Philippe Huguen AFP

Le principal suspect et seul mis en examen dans l'affaire Elodie Kulik, Willy Bardon, devrait bientôt être remis en liberté. La cour d'appel d'Amiens a en effet accepté sa demande de remise en liberté. La défense de Willy Bardon avait de nouveau formulé cette demande vendredi à Amiens, à la faveur d'éléments nouveaux apparus après une nouvelle expertise d'un enregistrement vocal.

Voix non reconnaissable

L'enregistrement de l'appel d'Elodie Kulik aux sapeurs-pompiers juste avant sa mort, sur lequel on distingue au moins deux voix d'hommes avec un fort accent picard, est en effet, selon la défense, le seul élément à charge de l'accusation. La dernière expertise effectuée par les gendarmes «met à néant les expertises précédentes», a rapporté Me Lafarge.

D'une part, les experts se disent quasiment incapables de distinguer les propos prononcés, d'autre part ils ne peuvent désigner la voix de Willy Bardon comme l'une des deux voix entendues, a expliqué Me Lafarge. Ce que confirme RTL ce mardi après s'être procuré l'enregistrement.

«Comment est-ce qu'on peut détenir un monsieur sur une supposée reconnaissance de sa voix par ses proches alors qu'un des passages dure au maximum deux secondes, et l'autre 0,9 seconde?, a regretté Me Lafarge. La seule charge contre M. Bardon c'est cette voix, et l'élément devient très fragile», a-t-il soutenu.

Examen des conditions de remise en liberté

La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Amiens a ordonné un supplément d'enquête «pour examiner les conditions de la remise en liberté» sous bracelet électronique de Willy Bardon.

Elodie Kulik, 24 ans, directrice d'une agence bancaire à Péronne (Somme), avait été violée puis étouffée en janvier 2002. Son corps avait été retrouvé en partie calciné dans un champ à quelques kilomètres, à Tertry.