Hénin-Beaumont: La Ligue des droits de l'Homme privée de local par le Front national

SOCIETE Le nouveau maire Front national d'Hénin-Beaumont, Steeve Briois, qui a pris cette décision, reproche à la LDH d'être politisée et hostile à son équipe, selon France Info...

F.V.

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La présidente du Front national Marine Le Pen et le maire FN de Hénin-Beaumont, Steeve Briois, le 30 mars 2014
La présidente du Front national Marine Le Pen et le maire FN de Hénin-Beaumont, Steeve Briois, le 30 mars 2014 — Philippe Huguen AFP

La décision est pour le moins symbolique. Fraîchement élu, le nouveau maire FN d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Steeve Briois, a décidé de retirer à la Ligue des droits de l’Homme le local dont elle disposait gratuitement depuis une dizaine d’années, selon France Info. Le lieu, situé à quelques pas de l’hôtel de ville d’Hénin-Beaumont, appartient à la mairie.

Pendant les élections municipales, la Ligue des droits de l’Homme avait pris clairement position contre l’extrême droite. Steeve Brois s’est vengé une fois élu. Il a justifié sa décision en affirmant que «la Ligue des droits de l’Homme est une association politisée. Dès l’instant où elle s’immisce dans la vie municipale avec des a priori, on compte les liens».

«Premier dérapage»

Le président de la section locale de la LDH a dénoncé «un premier dérapage» et affirmé que la LDH allait «proposer de mettre en place un comité citoyen de vigilance républicaine.» Il «espère recevoir des soutiens extérieurs dans les prochains jours. Malgré tout, il s’est déjà renseigné pour trouver un autre local dans une autre commune du secteur en vue d’un déménagement», précise France Info.

Après parution de l'article sur le site de la radio, Steeve Briois a publié un communiqué virulent, dans lequel il met en cause nommément la journaliste, et affirme que «la ligue des droits de l’homme bénéficiait de subventions municipales et d’un local municipal  en toute illégalité», «les communes ne [pouvant] pas subventionner» ce qu'il considère comme «une association politisée et partisane». Le communiqué s'en prend aux médias, selon la stratégie habituelle du FN, et conclut, un brin grandiloquent : «Que la bien-pensance s’y fasse : désormais la loi sera respectée à Hénin-Beaumont !».