Patron d'un fonds spéculatif, la nouvelle vie de DSK loin de la politique

avec AFP

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Le parquet de Lille, qui a requis un non-lieu en faveur de Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Carlton, estime que si DSK était le "principal bénéficiaire" des soirées avec des prostituées, "cela n'en fait pas pour autant un proxénète", dans son réquisitoire cité samedi par Le Figaro.
Le parquet de Lille, qui a requis un non-lieu en faveur de Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Carlton, estime que si DSK était le "principal bénéficiaire" des soirées avec des prostituées, "cela n'en fait pas pour autant un proxénète", dans son réquisitoire cité samedi par Le Figaro. — Miguel Medina AFP

Loin de la politique, Dominique Strauss-Kahn s'est reconverti il y a quelques mois en professionnel des marchés et vient de lancer discrètement mais avec ambition un fond d'investissement pour mettre à profit son parcours d'économiste reconnu. Il s'agit d'un tournant majeur pour l'ex-patron du FMI, qui s'éloigne encore un peu plus d'un retour en politique alors qu'un récent sondage non publié le plaçait en tête des personnalités politiques qui «pourraient faire mieux que François Hollande».

La reconversion de DSK, docteur en économie et ancien ministre de l'Economie de Lionel Jospin, remonte à plusieurs mois. En septembre dernier, le Groupe Anatevka, une banque d'affaires peu connue et immatriculée au Luxembourg, annonçait l'arrivée à sa tête de DSK et son changement de nom en LSK, pour Leyne, Strauss-Kahn and Partners. «DSK nous a rejoint en septembre dernier avec l'idée de construire avec nous une stratégie d'une compagnie financière globale», souligne son associé Thierry Leyne, interrogé par l'AFP.

Lancement d’un fonds spéculatif

Déjà présente dans le conseil en opérations financières ou le courtage, cette société se diversifie en lançant cette année un «hedge fund», autrement dit un fonds spéculatif. L'objectif de LSK est de constituer un fonds de 2 milliards de dollars, récoltés dans le monde entier, mais en priorité auprès d'investisseurs de pays émergents.

«DSK est très impliqué, c'est lui le chef d'orchestre», prévient Thierry Leyne, précisant que le fonds a une stratégie mondiale qui peut «s'intéresser à n'importe quel pays et n'importe quel actif». Il conteste d'ailleurs le terme de «hedge fund», qui désigne le plus souvent des fonds prenant des positions risquées ou profitant des failles des marchés.

Interrogations sur les compétences de DSK

Le lancement de ce fonds pose toutefois un certain nombre de questions, à commencer par les compétences d'investisseur de DSK. S'il a une longue expérience des marchés, ne serait-ce que pour avoir été patron du Fonds monétaire international (FMI), ce dernier «n'a jamais eu d'expérience dans le domaine de la gestion spéculative», rappelle Christopher Dembik, analyste financier chez Saxo Banque. En outre, «l'évolution suivie par DSK peut paraître surprenante compte tenu de son passé politique socialiste, de centre-gauche, d'autant que les fonds spéculatifs ont une mauvaise image même si la régulation est de plus en plus stricte», estime-t-il.

Thierry Leyne se montre confiant quant aux capacités de l'ex-homme politique. «DSK est à la fois capable de stratégie de long terme en identifiant de grandes tendances mais aussi de pouvoir réagir en temps réel aux événements qui peuvent survenir», selon lui. «Beaucoup de gens sont demandeurs de l'analyse économique de DSK», ajoute-t-il. Reste à obtenir des résultats rapides, vu que l'univers des «hedge funds» est ultra-compétitif et que toute contre-performance peut s'y révéler désastreuse.