Crimes de guerre: Arrestation en France d'un Serbe de Bosnie

SOCIETE Radomir Susnjar est soupçonné par le Parquet bosnien de crimes de guerre...

avec AFP

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Illustration de la police.
Illustration de la police. — B. BEBERT / Sipa

Les autorités françaises ont arrêté un Serbe de Bosnie, Radomir Susnjar, soupçonné par le Parquet bosnien de crimes de guerre pour avoir participé à l'un des pires massacres commis pendant la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-95), a-t-on annoncé vendredi de source judiciaire à Sarajevo.

«Radomir Susnjar a été découvert et arrêté en France. Son extradition a été réclamée aux autorités françaises», annonce le Parquet bosnien dans un communiqué, sans préciser la localité de l'arrestation du fugitif.

Selon la même source, Susnjar a participé à au massacre de «59 civils musulmans, dont des femmes et des enfants», qui ont été enfermés et brûlés dans une maison à Visegrad (est) en juin 1992.

Soixante-six personnes avaient été enfermées dans cette maison et sept d'entre elles ont survécu, selon le communiqué.

«Le suspect, qui fait l'objet d'une enquête du Parquet, est soupçonné d'avoir directement participé à l'enfermement des civils dans cette maison et à l'incendie», affirme le Parquet.

Autres condamnations

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a condamné en décembre 2012, en appel, un ancien paramilitaire serbe de Bosnie, Milan Lukic, à la prison à vie, et son cousin Sredoje Lukic à 27 ans de prison pour leur participation à ce même crime.

Ce crime avait été qualifié par des juges du TPIY d'acte d'«une brutalité inouïe» faisant preuve d'«un mépris total pour la vie humaine».

La cour d'appel du TPIY avait néanmoins révisé à la baisse le nombre de victimes de ce massacre, estimant que 53 personnes et non 59 y avaient trouvé la mort.

Entre avril et juin 1992, les forces serbes de Bosnie ont tué à Visegrad et dans ses alentours plus de 1.500 civils, selon l'Institut bosnien pour les personnes disparues.

La guerre de Bosnie a fait environ 100.000 morts et deux millions de réfugiés et de déplacés dans un pays qui compte aujourd'hui quelque 3,8 millions d'habitants