Réussite au bac: Quels sont les meilleurs lycées de France?

EDUCATION Les indicateurs de réussite des lycées visent à mesurer l’apport d’un établissement à ses élèves au-delà du taux de réussite au bac…

Bertrand de Volontat

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Illustration, une lycéenne.
Illustration, une lycéenne. — JERRY OLSON/AP/SIPA

Un petit bahut rural du pays du Roquefort apporte-il une meilleure «valeur ajoutée» aux lycéens qu’une prestigieuse institution de la Rive gauche parisienne? Possible, à en croire les indicateurs des lycées publiés ce vendredi par le ministère de l’Education.

Ces données ne constituent pas un classement selon le ministère, mais chaque année plusieurs médias en tirent des palmarès, dont les résultats diffèrent. Les statistiques sur les résultats au baccalauréat 2013 et la «valeur ajoutée» de 2.298 lycées généraux et technologiques et de 2.005 lycées professionnels, publics comme privés.

Le bac n’est pas le seul baromètre

La réussite au baccalauréat n’est pas l’unique baromètre d’efficacité d’un lycée, puisqu’un établissement de centre-ville sélectionnant ses élèves fera forcément mieux qu’un lycée de banlieue défavorisé. L’idée des «Ival», publiés depuis une vingtaine d’années, est de révéler leur «valeur ajoutée»: fait-il mieux que les établissements comparables (mêmes filières ou spécialités) accueillant des lycéens de mêmes origines? Garde-t-il ses élèves jusqu’au bout, ou les sélectionne-t-il pour doper son taux de réussite?

Pour Valérie Marty, présidente de la Peep, deuxième fédération de parents d’élèves, les parents «veulent savoir où se situe leur établissement, et se demandent parfois pourquoi l’établissement d’à côté avec un public plus difficile y arrive pourtant mieux?».

Un suivi personnalisé des candidats

Pour faire mieux qu’attendu il n’y a pas une seule recette. Plutôt que des moyens, «il faut surtout des idées», selon Elisabeth Maurin, proviseur du lycée professionnel Raymond Savignac de Villefranche de Rouergue dans l’Aveyron, qui multiplie les projets: stages en entreprise à l’étranger, maison des lycéens, association qui fabrique et vend des denrées alimentaires, etc.

Avec de petits effectifs et 75 % d’internes, ce lycée en zone rurale insiste sur un suivi personnalisé. Ici, 90 % des candidats ont eu leur bac, 10 points de plus que dans les lycées comparables. Parmi les élèves entrés en seconde, 78 % ont décroché leur diplôme, 15 points de mieux que dans les établissements comparables.

«L’origine sociale des parents est d’un niveau inférieur aux diplômes préparés. Ce bac professionnel apparaît certainement comme une promotion sociale», indique-t-elle.

Interdite de redoublement

Ces indicateurs permettent aussi de distinguer les lycées plus ou moins sélectifs.

Ainsi l’exemple d’Oriane, actuellement en 3ème année de licence, qui, il y a quatre ans, n’a pas été admise à redoubler dans son lycée des Hauts-de-Seine après avoir raté son bac, comme sept de ses camarades et a dû écrire des lettres de motivation pour être acceptée ailleurs. «Ils nous avaient prévenus qu’ils ne nous reprendraient pas, mais on pensait que c’était juste histoire de nous booster pour le bac».

Des établissements inégalitaires qui n’inquiètent pas le ministère

La publication des Ival «a un peu moralisé un certain nombre de pratiques, qui sont beaucoup moins répandues y compris dans les établissements privés hypersélectifs», estime Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, premier syndicat des chefs d’établissement. Mais «ces indicateurs ne sont crus que s’ils confortent les préjugés».

C’est surtout «gratifiant pour les personnels et les chefs d’établissement qui travaillent dans des zones plus difficiles et peuvent souffrir d’un climat général de découragement». Ce qui nous surprend le plus, c’est que depuis 20 ans, le ministère nous démontre que ses propres établissements sont inégalitaires, sans que cette question semble inquiéter plus que ça».