Procès Heaulme: Qui est le public de la cour d'assise?

TEMOIGNAGES «20 Minutes» a demandé aux spectateurs pour quelles raisons ils avaient choisi d’assister au procès de Francis Heaulme…

Vincent Vantighem
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Dominique Rondu, avocat de Ginette Beckrich au procès de Francis Heaulme, à Metz, le 31 mars 2014.
Dominique Rondu, avocat de Ginette Beckrich au procès de Francis Heaulme, à Metz, le 31 mars 2014. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

De notre envoyé spécial à Metz (Moselle)

«Il n’a dit que trois mots dont son nom et son prénom pour l’instant…» C’est avec une pointe de déception qu’Alain, 69 ans, commente la première journée du procès de Francis Heaulme devant la cour d’assises de Metz (Moselle). Pourtant, ce retraité âgé de 69 ans sera encore, mardi matin, l’un des premiers à faire la queue pour entrer dans le prétoire. Voyeurisme ou réel intérêt pour la chose judiciaire? 20 Minutes a demandé aux spectateurs les raisons qui les poussent à assister au procès de l’affaire de Montigny-lès-Metz…

» Relire: Le compte rendu de la première journée d’audience

Alain, 60 ans: «Voir la tête du flic qui a arrêté Dils» — «J’avais noté la date sur mes tablettes, confie cet ancien soudeur aujourd’hui à la retraite. J’habite à Hagondange, à 15 km de Metz, donc je connais bien l’affaire de Montigny. Moi, je viens pour voir la tête du flic qui a arrêté Patrick Dils. Ce mec s’est trompé. Il a fait une connerie. Et il a ruiné la vie de Dils. Ça prouve que tout peut aller très vite…»

Fabrice, 42 ans: «Découvrir Heaulme de mes yeux» — Avec sa femme, Fabrice fait la queue tranquillement. Fidèle téléspectateur de Planète Justice, il avait «l’intention d’assister à un procès depuis longtemps». Alors quand celui de Francis Heaulme s’est présenté, il n’a pas hésité. «Je veux découvrir Heaulme de mes yeux. Voir la tête du tueur… Et puis, on est originaires de Fameck. Cette affaire, on baigne dedans depuis trente ans.»

» Voir notre diaporama sur l’affaire de Montigny

Valentine, Hélène et Claire: «Apprendre notre métier de psychologue» — Elles piaillent dans la cour du palais de justice. Valentine, Hélène et Claire ont du mal à contenir leur excitation. «On est étudiantes en psycho légale, détaille la première. On vient apprendre le métier qu’on va exercer. Heaulme est tout de même un beau cas d’étude. D’ailleurs, quand est-ce qu’il doit être interrogé?»

Alain, 69 ans: «Je connaissais l’une des filles qu’il a tuée» — «Il y a un petit côté voyeur, annonce sans ambages Alain. Ceux qui prétendent le contraire mentent.» Pour autant, ce retraité n’est pas venu uniquement pour voir si Francis Heaulme est aussi «flippant qu’à la télévision». «Je connaissais bien Lyonelle Gineste, une des filles que Heaulme a tuée [il a été condamné à trente ans pour ce meurtre]. Alors pour moi, c’est l’occasion de venir lui rendre hommage.»

» Relire: Notre interview exclusive de Francis Heaulme

Béatrice, 63 ans: «Je m’attendais à un monstre. Mais il est débile en fait.» — Pomponnée, Béatrice avait un peu peur en pénétrant dans le prétoire. «Je voulais assister à un procès d’assises, raconte la jeune retraitée. C’est tombé sur celui-là…» C’est aussi l’occasion de rencontrer le tueur en série. «Je m’attendais à voir un monstre. Mais il est un peu débile en fait. Il me laisse indifférente.»