Procès Heaulme: Coup de théâtre dès le premier jour

AUDIENCE Un ancien témoin serait passé aux aveux, forçant le président de la cour d’assises de Metz à bousculer l’agenda de l’audience…

Vincent Vantighem

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Dessin de Francis Heaulme, lors de l'ouverture de son procès, à Metz, le 31 mars 2013
Dessin de Francis Heaulme, lors de l'ouverture de son procès, à Metz, le 31 mars 2013 — BENOIT PEYRUCQ / AFP

De notre envoyé spécial à Metz, Vincent Vantighem

Il est presque parvenu à faire oublier que le box des accusés est occupé par Francis Heaulme. Henri Leclaire a perturbé, ce lundi matin, l’ouverture du procès du «routard du crime», jugé devant la cour d’assises de Metz (Moselle) pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz.

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Le président de la cour d’assises a décidé de convoquer dès «demain, mardi à 9h», cet homme de 61 ans dont le nom revient avec insistance dans le volumineux dossier de Montigny-lès-Metz. Et pour cause, Henri Leclaire serait passé aux aveux, ce week-end. Il aurait confié à l’épouse d’un avocat messin être celui qui a fracassé le crâne de Cyril Beining et Alexandre Beckrich, en septembre 1986.

De nombreuses inexactitudes dans son récit

Se propageant comme une traînée de poudre dans le palais de justice de Metz, la rumeur a donc forcé le président de la cour d’assises à avancer son audition à mardi, à la première heure. «C’est du grand guignol! lâche à 20 Minutes Thomas Hellenbrand, l’avocat d’Henri Leclaire. Mon client a eu la vie brisée par cette affaire. Et vingt-huit ans après, voilà qu’on ressort encore son nom…»

>> A voir: Notre Diaporama sur l’affaire de Montigny

Car Henri Leclaire n’est pas un inconnu du dossier. En 1986, il fut même le premier à passer aux aveux devant les enquêteurs qui, relevant de nombreuses «inexactitudes» dans son récit, l’avaient finalement blanchi. Henri Leclaire s’était en effet trompé dans la description des enfants et dans celle des pierres ayant servi à les tuer. Pire, lors d’une reconstitution, les policiers avaient noté son «impossibilité physique» à grimper sur le talus où les cadavres avaient été découverts.

Un possible renvoi du procès

Depuis la semaine dernière, on ne parle pourtant plus que de lui dans cette terre de Moselle traumatisée par l’une des plus grandes énigmes judiciaires françaises. C’est d’abord un conducteur de train à la retraite qui, se réveillant d’un seul coup, s’est rappelé avoir vu un «homme, petit et trapu, le tee-shirt taché de sang», courir ce jour-là le long des voies ferrées où les gamins ont été retrouvés. Et, selon lui, cet homme s’appelait Henri Leclaire.

>> Les faits: Francis Heaulme jugé

Et c’est donc cette rumeur, insistante depuis ce lundi matin, d’aveux plus que tardifs qui vient perturber le début de ce procès. Henri Leclaire devrait donc témoigner dès mardi 9h. La cour d’assises aura alors tout le loisir de réclamer un supplément d’information et, pourquoi pas, décider de renvoyer encore une fois l’examen de cette affaire déjà vieille de 27 ans.

Francis Heaulme change d’avocat

Cheveux blanchi par le temps, menton fuyant et ventre un peu plus rond qu’il y a dix ans, Francis Heaulme a fait son apparition dans le box des accusés ce lundi matin. Survêtement noir, le «routard du crime» a commencé par récuser son avocat Pierre Gonzalez de Gaspard au profit de Liliane Glock. Refusant d’être pris en photo, il s’est simplement contenté de décliner son identité.