Près d’un jeune sur deux s’informe sur le sexe grâce à Internet

SEXUALITE Les sites Web et les blogs restent la première source d’information des 18-34 ans sur la sexualité…

Audrey Chauvet

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Illustration d'un couple s'embrassant dans une chambre d'hôtel.
Illustration d'un couple s'embrassant dans une chambre d'hôtel. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Comment se passe une première fois? Est-ce que je le fais bien? Est-ce que je risque d’attraper une MST?… Les questions sur la sexualité sont nombreuses et il n’est pas toujours facile de trouver des sources fiables d’information. D’après un sondage exclusif YouGov pour 20 Minutes, 43,7 % des jeunes de 18 à 34 ans s’informent sur la sexualité via les sites Internet et les blogs, tandis qu’ils sont seulement 14,3 % à en parler avec leur médecin et 5,2 % avec leurs parents.

Une gêne saine

Pour parler de sexualité, le partenaire et les amis restent les principaux interlocuteurs: 54,5 % des jeunes interrogés disent parler sexe avec leur partenaire et 53,6 % avec leurs amis. Les médecins et les parents n’ont pas la cote: seuls 6,7 % et 6,5 % des jeunes en parlent avec eux. «Il est tout à fait adapté de ne pas parler de sexualité avec ses parents car cela touche à l’intime, estime Hélène Romano, psychothérapeute et auteur d'Ecole, sexe et vidéo (ed. Dunod). Les inquiétudes des jeunes adultes concernent souvent l’aspect technique de la sexualité, comment bien faire, comment avoir du plaisir, est-ce que ce que je fais est «normal»… Or, une jeune fille ne peut pas demander à sa mère comment on fait une fellation par exemple. Cette gêne est normale car de telles conversations seraient incestueuses, c’est un interdit dont l’enfant a besoin pour se construire.»

Conséquence, les jeunes se tournent souvent vers Internet et l’anonymat qu’il permet pour s’informer sur la sexualité: 43,7 % disent aller sur le Web pour trouver des informations sur la sexualité, tandis que 33 % interrogent leur partenaire et 31,7 % leurs amis. Les magazines restent une source d’information importante pour les filles, qui sont 24,2 % à les citer, et les médecins sont aussi une ressource pour 17 % d’entre elles. «Les filles peuvent plus facilement en parler avec un gynécologue, commente Hélène Romano, et le secret professionnel permet de se confier.»

L’important est d’en parler

Malgré tout, la grande majorité des jeunes, surtout les garçons, préfèrent se renseigner sur le sexe via Internet. «Les jeunes peuvent y poser des questions crues anonymement, sur leur besoin de se masturber par exemple. Ils ne pourraient jamais le faire avec des proches et pourraient avoir peur du jugement d’un médecin ou des moqueries des copains.» Sans compter que, comme nous le dit l’internaute cau59000: «Les copains ne sont pas plus au courant que moi!»

Celle que l’on a surnommée la «génération YouPorn» n’hésite pas à chatter avec des internautes anonymes sur ces sujets très intimes. 8,9 % des garçons déclarent ainsi s’informer sur les réseaux sociaux, ce qui peut être dangereux estime la psychothérapeute: «On peut correctement s’informer sur Internet si l’on va sur des sites conçus et surveillés par des professionnels. On peut lire n’importe quoi sur les réseaux sociaux et il faut toujours se méfier de personnes mal intentionnées, qui ne visent pas que les enfants mais aussi les jeunes en détresse.»

Que l’on préfère rester derrière son écran ou en parler en face-à-face, l’important est de pouvoir mettre des mots sur ses doutes, rappelle Hélène Romano. «Le mieux est d’avoir plusieurs sources et interlocuteurs, qui apporteront chacun leur vision. Il y a aussi des professionnels que l’on peut appeler, des numéros de téléphone qui peuvent être utiles. Dans tous les cas, il faut éviter de rester seul face à ces questions complexes.»