L'enseignement privé musulman crée sa fédération

avec AFP

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Des élèves voilées en cours dans une école de Toulouse le 11 mai 2011.
Des élèves voilées en cours dans une école de Toulouse le 11 mai 2011. — ERIC CABANIS / AFP

L'enseignement privé musulman marquera samedi une nouvelle étape dans son développement en lançant une fédération nationale pour défendre ses intérêts auprès des pouvoirs publics. Cette Fédération nationale de l'enseignement privé musulman (FNEPM) compte une dizaine de membres fondateurs, dont les plus gros groupes scolaires musulmans (Averroès à Lille et Al-Kindi à Lyon), selon Makhlouf Mameche, directeur-adjoint du collège-lycée Averroès.

«Il s'agit d'accompagner les écoles existantes en mutualisant les expériences, de présenter un interlocuteur à l'Education nationale pour défendre nos intérêts, mais aussi d'accompagner les projets de nouvel établissement», a-t-il expliqué. L'enseignement privé musulman connaît une forte croissance depuis la loi de 2004 interdisant de porter le voile à l'école. Selon les experts, il est également porté par l'émergence d'une classe moyenne musulmane.

Une très grande fragilité financière

Alors qu'il n'existait qu'une école musulmane en 2000, sur l'île de la Réunion, près de 2.000 élèves ont fait leur rentrée dans une vingtaine d'établissements musulmans en septembre et une dizaine d'autres écoles sont en projet. Les écoles musulmanes restent toutefois marginales comparées aux quelque 9.000 établissements catholiques (2 millions d'élèves) et à la centaine d'établissements juifs (30.000 élèves).

Et la plupart connaissent une très grande fragilité financière. Si la majorité aspire à passer sous contrat avec l'Etat pour qu'il prenne en charge le salaire des enseignants, seul Averroès et quelques classes d'Al-Kindi ont obtenu ce statut en métropole. L'enseignement musulman pâtit aussi de la faible implication des acteurs institutionnels musulmans, notamment du Conseil français du culte musulman (CFCM) qui ne s'est jamais saisi du dossier.

Seule l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) a soutenu plusieurs projets. Elle est d'ailleurs partenaire de la nouvelle fédération, qui sera officiellement lancée samedi lors d'une cérémonie à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). A cette occasion, la FNEPM réunira sa première assemblée générale et élira son bureau.