Veuve pendue à Neuilly: Le parquet fait appel de l'acquittement des accusés

avec AFP

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Capture d'écran de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).
Capture d'écran de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). — Capture Google Maps

Le parquet a décidé de faire appel de l'acquittement des deux hommes accusés d'avoir «suicidé» une riche veuve, retrouvée pendue sur sa péniche à Neuilly-sur-Seine en 2005. Le ministère public avait requis quinze à vingt ans de prison à l'encontre des deux hommes. Mardi, la cour d'assises des Hauts-de-Seine n'avait pas suivi la version de l'accusation dans son verdict, se prononçant en faveur de la thèse du suicide de Dominique Aubry, veuve d'un célèbre marchand d'art.

«Il y a encore des éléments à juger dans ce dossier pour entraîner l'intime conviction des jurés», a estimé vendredi le procureur Marc Rouchayrolle, avocat général lors du procès en première instance. «L'hypothèse du suicide n'est pas soutenable», a-t-il ajouté. Pour l'accusation, les deux accusés, Franck Renard Payen, 44 ans, et Olivier Eustache, 42 ans, ont assassiné Dominique Aubry, puis maquillé leur crime en suicide.

«Un assassinat judiciaire»

Les faits remontent au 30 novembre 2005. Dominique Aubry, dite «Libellule» ou «Libé», dîne avec les deux hommes sur sa luxueuse péniche amarrée à Neuilly-sur-Seine. Elle boit beaucoup et ils la quittent vers 21h30. On la retrouve pendue le lendemain. «Il n'y a rien dans ce dossier. La décision de faire appel est scandaleuse», a réagi Me Eric Dupond-Moretti, avocat d'Olivier Eustache.

«On a vu l'avocat général hésiter tout au long des débats. Dans son réquisitoire, il n'a rien démontré, jamais utilisé le mot preuve», a-t-il fustigé. L'avocat s'était montré très sévère à l'égard du ministère public, mardi lors de sa plaidoirie, mettant en garde contre «un assassinat judiciaire». Plus de 30 expertises ont été diligentées dans ce dossier. La majorité des experts ont privilégié la thèse du suicide tout au long des débats.