Orne: La justice cherche un corps sous un centre de déchets sur les indications d'un sourcier

ENQUÊTE Un radiesthésiste a «matérialisé un endroit où pourrait se trouver le corps» d'un éleveur de chevaux disparu en novembre 2012...

B.D. avec AFP

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Le site de construction d'un centre de déchets GDE à Nonant-le-Pin, le 23 mai 2012.
Le site de construction d'un centre de déchets GDE à Nonant-le-Pin, le 23 mai 2012. — AFP PHOTO / CHARLY TRIBALLEAU

Les gendarmes se rendront «dans les prochaines semaines» au nouveau centre de déchets GDE de Nonant-Le-Pin (Orne), très contesté, pour vérifier s'il y a un corps sous une dalle de béton du site comme le pense un sourcier, a indiqué ce vendredi le parquet.

Un juge d'instruction enquêtant sur la disparition inquiétante en novembre 2012 d'un éleveur de chevaux ornais s'est rendu le 6 janvier au centre GDE avec «le radiesthésiste qui a matérialisé un endroit où pourrait se trouver le corps», a indiqué à l'AFP le procureur d'Argentan, Hugues de Phily. «Ses baguettes se sont croisées. Et il a dit "là il y a quelque chose"», a précisé le magistrat.

«Insolite» que ce témoin soit un radiesthésiste

Les services scientifiques de la gendarmerie (IRCGN) vont «à échéance rapprochée, dans les prochaines semaines, procéder à un sondage radar du sol pour voir s'il y a un corps», a précisé Hugues de Phily. Et ils creuseront si c'est le cas. Le radiesthésiste qui est un opposant à ce centre, ouvert le 24 octobre et bloqué dès le 26 par des manifestants, s'était rendu en décembre sur place pour vérifier la profondeur de la nappe phréatique, selon un opposant.

«Il s'est (ensuite) signalé spontanément pour prêter assistance à la justice dans sa recherche» de l'éleveur disparu en 2012, a précisé le procureur. «La juge a entendu ne négliger aucune piste», a-t-il ajouté. «Il est certes insolite que ce témoin soit un radiesthésiste», mais pour la justice il s'agit de demander aux gendarmes de vérifier un témoignage comme c'est habituel dans une enquête, a souligné Hugues de Phily.

Interrogée par l'AFP, une porte-parole des opposants, Noëlle Sandoz, a souligné que cette affaire n'avait «rien à voir» avec leur lutte contre ce centre de déchets GDE (Guy Dauphin Environnement). Selon un opposant, le radiesthésiste est connu localement pour répertorier les avions abattus durant la Seconde Guerre mondiale.