Pourquoi l'Université Dauphine ouvre une formation pour les croque-morts

EDUCATION Pour s'adapter aux mutations de leur métier, les responsables de point de vente funéraire vont pouvoir développer leurs compétences en finance et en management...  

Delphine Bancaud

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Dans un magasin de pompes funèbres à Paris.
Dans un magasin de pompes funèbres à Paris. — STEPHANE DE SAKUTIN

Dépassée l’image du croque-mort de village. L’organisation de plus en plus personnalisée des enterrements, la concurrence exacerbée entre les entreprises du secteur, le développement de l’activité sur le Web et la multiplication des contrats obsèques ont rendu le métier plus complexe.

Pour répondre à son évolution, l’université Paris-Dauphine en partenariat avec Le Choix Funéraire, ouvre ce lundi la première formation de business manager funéraire. Elle accueillera quatorze étudiants âgés de 26 à 47 ans, déjà responsables d’un point de vente appartenant au réseau du Choix Funéraire. «Car ils n’ont pas toujours le bagage nécessaire pour faire grandir leur entreprise», précise Philippe Martineau, directeur général du Choix funéraire, initiateur de ce cursus. Et dès l’an prochain, la formation sera ouverte à des entrepreneurs d’autres réseaux funéraires.

Un besoin de professionnalisation

Pour vérifier que les candidats avaient bien les prérequis pour aborder la formation, Dauphine a effectué une présélection sur dossier, entretien et tests écrits (exercice de synthèse, culture générale, mathématiques). Au final, six d’entre eux n’ont pas réussi à passer le cap. Pour les autres, la formation sera financée par l’Opca (organisme paritaire collecteur agréé) de la branche.

Chaque étudiant suivra dix sessions de trois jours de formation par mois. «Au programme: droit des contrats, finance, comptabilité, stratégie, marketing digital, droit du travail, organisation… Ils suivront aussi des conférences menées par exemple par un expert des contrats obsèques ou un spécialiste des risques psychosociaux liés à ce métier. Ils travailleront aussi sur un projet tutoré de développement de leur point de vente», explique Anne Maugey, responsable de la formation continue à Dauphine. Chacun effectuera aussi un voyage «compagnonnique» à la découverte d’autres entreprises funéraires, afin de découvrir d’autres pratiques.

Une perspective qui réjouit d’avance Sophie Dirson, 38 ans, qui exerce à Somain (Nord-Pas-de-Calais): «J’ai arrêté mes études après un DUT gestion des entreprises et des administrations, donc décrocher un diplôme d’une université aussi prestigieuse que Dauphine, c’est gratifiant pour moi. J’ai aussi hâte de pouvoir partager mon expérience avec d’autres entrepreneurs funéraires».

Après avoir repris l’entreprise familiale il y a un an, elle éprouve aussi le besoin de booster ses compétences en finance et en management. «Cela va me permettre d’être plus sûre de moi, d’être davantage crédible auprès des banques et de pouvoir développer mon business», assure-t-elle. Un enthousiasme qui prouve encore que son métier n’a rien de sinistre!