Besançon: Un homme jugé pour avoir essayé de tuer un contrôleur SNCF

JUSTICE Il lui avait asséné onze coups de couteau...

avec AFP

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Un train à grande vitesse de la compagnie SNCF
Un train à grande vitesse de la compagnie SNCF — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Tendu et peu à l'aise, Yassine Moumed, 29 ans, s'est présenté mercredi devant la cour d'assises du Doubs pour répondre des onze coups de couteau qu'il avait assénés à un contrôleur SNCF dans le Doubs en 2011, entraînant une importante grève de cheminots. Le verdict est attendu vendredi au terme de trois jours d'audience à Besançon. L'accusé, un homme psychologiquement fragile originaire de Mulhouse (Haut-Rhin), risque 30 ans de réclusion criminelle pour «tentative de meurtre au préjudice d'une personne chargée d'une mission de service public».

«J'ai commis ces faits», mais «je n'en ai aucun souvenir» et «aucune raison n'explique mon geste», a affirmé Yassine Moumed devant les jurés, avec un air de jeune premier à la fois calme et confus. «Je ne peux toujours pas dire où j'allais, où j'étais, dans quel but. Je n'ai aucune réponse», a-t-il insisté. Le 6 octobre 2011, Yassine Moumed avait refusé de présenter son titre de transport aux deux contrôleurs SNCF du train Corail Lyon-Strasbourg qui le lui demandaient, entre Besançon et Clerval, avant de les menacer de mort et de se scarifier avec un couteau.

L'accusé a été condamné plusieurs fois

L'un des contrôleurs, Thierry Hemet, était alors allé préparer un procès verbal, pendant que son collègue, Bernard Mortellier, allait chercher la trousse de secours pour appliquer les premiers soins au blessé. Yassine Moumed avait suivi Bernard Mortellier, 56 ans, et lui avait porté onze coups de couteau, dont deux dans des parties vitales. Touché au niveau du visage et du thorax, le contrôleur avait néanmoins réussi à repousser son agresseur dans un compartiment et à fermer la porte. Il avait été transporté dans un état grave au CHRU de Besançon, où il avait finalement survécu.

Cette agression d'un contrôleur de train avait provoqué d'importantes perturbations sur tout le réseau SNCF pendant les deux jours qui suivirent, de nombreux collègues de la victime ayant exercé leur droit de retrait. L'accusé a déjà été condamné plusieurs fois pour des faits de violence sans arme, et hospitalisé à quatre reprises suite à des scarifications.