VIDEO. Sarkozy: Sept écoutes et quatre gardes à vue

JUSTICE Soupçonnés de trafic d’influence après l’étude par les juges des écoutes téléphoniques de l’ancien président, Nicolas Sarkozy, son avocat et deux hauts magistrats ont été placés en garde à vue…

W.M.
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Nicolas Sarkozy au téléphone, en 2012.
Nicolas Sarkozy au téléphone, en 2012. — L.BONAVENTURE/AFP

Vingt-quatre heures après son avocat, Me Thierry Herzog, et deux hauts magistrats de la Cour de cassation, Nicolas Sarkozy a été à son tour placé en garde à vue, pour des faits présumés de trafic d’influence et de violation du secret de l’instruction.

En mars, le journal en ligne Mediapart publiait le contenu de sept écoutes judiciaires de conversations entre Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog. Cette seconde ligne téléphonique de l’ex-président mise sur écoute avait été ouverte sous la fausse identité de Paul Bismuth. Ces écoutes prouveraient que Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog auraient tenté d’entraver le déroulement des enquêtes concernant l’ancien président.

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Dans l’affaire Bettencourt, la police, chargée de la retranscription de ces écoutes, a conclu que les échanges interceptés laissent présumer des faits de «corruption d’un magistrat de la Cour de cassation», rapporte Mediapart. Dans l’affaire des financements libyens, il s’agirait de «faits de violation du secret professionnel».

Si vous avez raté le début de l’affaire ou que vous ne comprenez plus rien à l’affaire de l’affaire, 20 Minutes vous explique tout…

  • Première écoute, le mardi 28 janvier à 12h24: Les agendas.

Selon Mediapart, Me Thierry Herzog informe Nicolas Sarkozy du contenu du mémoire du rapporteur de la Cour de cassation dans l’affaire de ses agendas. Ces derniers ont été saisis par les juges de Bordeaux qui instruisent l’affaire Bettancourt. Mais l’ancien président a demandé à la juridiction de lui rendre ses agendas afin qu’ils ne soient pas utilisés dans d’autres dossiers.

La synthèse des écoutes téléphoniques fait état de l’optimisme de l’avocat. Le magistrat à la Cour de cassation Gilbert Azibert, soupçonné d’avoir tenu informé l’ancien président de l’avancement de l’enquête Bettencourt, est désigné comme «notre ami» par Nicolas Sarkozy.

  • Deuxième écoute, le mercredi 29 janvier à 19h25: La taupe de Sarkozy.

On y apprend, toujours selon les révélations de Mediapart, que le magistrat Gilbert Azibert a déjeuné avec l’avocat général de la Cour de cassation qui doit rendre ses réquisitions dans l’affaire des agendas. L’avocat de Nicolas Sarkozy se félicite du travail de l’informateur. «Il a bossé», dit Thierry Herzog.

  • Troisième écoute, le jeudi 30 janvier à 20h40: «Ces bâtards de Bordeaux».

Thierry Herzog lit les réquisitions à Nicolas Sarkozy, concernant la restitution de ses agendas. Elles lui sont favorables. L’avocat assure avoir eu Gilbert Azibert au téléphone qui confirme que la Cour de cassation suivra l’avis du ministère public. Un avis confidentiel conclurait aussi au retrait des agendas dans l’affaire Bettancourt. Thierry Herzog lâche: «Ce qui va faire du travail à ces bâtards de Bordeaux», faisant référence aux juges qui avaient mis en examen son client.

  • Quatrième écoute, le samedi 1er février à 11h22: L’affaire libyenne.

Nicolas Sarkozy dit avoir été informé que ses bureaux pourraient être perquisitionnés par les juges qui enquêtent sur sa plainte, déposée en avril 2012 contre Mediapart qui a publié une note sur un supposé financement libyen de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Ce dernier demande alors à son avocat, «de prendre contact avec nos amis pour qu’ils soient attentifs». Ce qui, déduit le site d’information payant, «semble désigner une taupe active de Nicolas Sarkozy dans les rouages de l’État».

  • Cinquième écoute, le samedi 1er février à 11h46: La mise en scène.

Nicolas Sarkozy rappelle son avocat en lui suggérant de faire croire à une discussion normale sur sa ligne téléphonique officielle. On comprend qu’il sait avoir été mis sur écoute et qu’il veut mettre en scène une discussion qu’il sait écoutée. Thierry Herzog suggère de préciser qu’ils ont les réquisitions mais qu’ils ne vont pas les divulguer, «parce que ce n’est pas leur genre», écrit Mediapart.

  • Sixième écoute, le mercredi 5 février à 9h42: Un poste à Monaco pour Azibert.

Selon Mediapart, Nicolas Sarkozy serait prêt à aider Gilbert Azibert pour lui décrocher un poste à Monaco. D’ailleurs, le magistrat aurait demandé à l’avocat d’en parler à son client pour lui donner un coup de pouce.

  • Septième écoute, le 11 février à 22h11: Des conseillers à la Cour de cassation.

L’avocat de Nicolas Sarkozy, rapporte Mediapart, a eu le magistrat au téléphone qui continue son travail de lobbying auprès des conseillers à la Cour de cassation. Il doit en voir un troisième à la veille de la délibération des juges. Manifestement, le travail de la «taupe» Azibert n’a pas porté ses fruits puisque la Cour de cassation a rejeté la demande de Nicolas Sarkozy qui voulait récupérer ses agendas.



 

  •  Trois gardes à vue, le 30 juin: Thierry Herzog et deux magistrats
     

Soupçonnés d’avoir aidé Nicolas Sarkozy à obtenir des informations dans le dossier Bettencourt, son avocat Thierry Herzog et deux hauts magistrats de la Cour de cassation, Gilbert Azibert et Patrick Sassoust, sont interpellés et mis en garde à vue. Les trois hommes, dont la garde à vue de vingt-quatre heures a été renouvelée, passent leur première nuit à la direction centrale de la police judiciaire à Nanterre (Hauts-de-Seine).

  •  Quatrième gardé à vue, le 1er juillet: Nicolas Sarkozy
     

L’ancien chef de l’Etat se présente de lui-même à l’office anticorruption de la PJ à Nanterre (Hauts-de-Seine) pour y être placé en garde à vue. Une première pour un ancien chef de l’Etat dans l’histoire de la Ve République.