Greenpeace: Des militants condamnés à de la prison avec sursis pour une intrusion à Cadarache

avec AFP

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Un militant de l'association Greenpeace.
Un militant de l'association Greenpeace. — FREDERICK FLORIN / AFP

Des peines de quatre à dix mois de prison avec sursis et près de 70.000 euros de dommages-intérêts. Ce sont les peines prononcées lundi par le tribunal correctionnel de Marseille contre neuf militants de Greenpeace, poursuivis pour avoir tenté de s'introduire fin 2011 sur le site du CEA de Cadarache (Bouches-du-Rhône).

Six membres de cette équipée ont été condamnés par la chambre militaire du tribunal correctionnel de Marseille à dix mois avec sursis, deux de leurs complices à six mois avec sursis et un dernier à quatre mois avec sursis. Ces militants de l'organisation écologiste étaient poursuivis pour «tentative d'introduction non autorisée dans un local ou terrain clos intéressant la défense nationale» et «complicité de dégradations d'un bien appartenant à autrui commises en réunion».

Un appel probable

Une 10e prévenue, une enseignante au rôle mineur selon l'accusation, s'est vu infliger une amende de 500 euros. Les neuf militants de Greenpeace devront également payer solidairement 18.900 euros, correspondant aux frais de réparation de la clôture d'enceinte du site du CEA (Commissariat à l'énergie atomique) qu'ils avaient découpée, et 50.000 euros de préjudice direct «consécutif à la désorganisation» interne des services suite à leur action.

«Ce sont des condamnations lourdes et infondées au regard des pièces du dossier. Il n'y a pas de preuve, uniquement des suppositions», a dénoncé Me Alexandre Faro, avocat des militants, indiquant qu'il allait «probablement» faire appel. Lors de l'audience du 17 février, des peines de cinq à huit mois avec sursis avaient été requises.

Une action jamais revendiquée

Le 5 décembre 2011, à 6h32, une tentative d'intrusion était détectée sur le site du CEA de Cadarache, sur la commune de Saint-Paul-lès-Durance, alors que des individus avaient découpé un premier grillage en amont de la clôture de sécurité. Huit sacs à dos étaient retrouvés sur les lieux, avec à l'intérieur des banderoles Greenpeace, des équipements radio et des rations de nourriture pour 72 heures.

L'organisation écologiste n'a jamais revendiqué cette action, menée le même jour qu'une série d'opérations similaires dans d'autres sites dans le but d'illustrer les failles de la sécurité des installations nucléaires. Des militants avaient ainsi réussi à s'introduire dans deux centrales, à Nogent-sur-Seine (Aube) et Cruas (Ardèche).