Les perles des patients racontées par un médecin: «Des moments de poésie et de connivence»

INTERVIEW Dans C’est grave docteur? * qui sort jeudi en librairie, le docteur Guilbert, médecin généraliste depuis trente ans à Bagneux rapporte les perles de ses patients lors des consultations...

Delphine Bancaud

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Une consultation dans un cabinet médical.
Une consultation dans un cabinet médical. — VALINCO

Les cabinets médicaux peuvent aussi être le théâtre d’éclats de rire. La preuve avec C’est grave docteur? * qui sort jeudi en librairie. Un recueil de perles entendues par le docteur Guilbert, médecin généraliste depuis trente ans à Bagneux (Hauts-de-Seine). Du simple lapsus à l’approximation médicale, ces petits bijoux font sourire et dédramatisent l’examen médical, comme le confie l’auteur de ce recueil savoureux.

Comment avez-vous eu l’idée de publier les perles de vos patients?

J’ai écrit plusieurs livres pédagogiques dans le domaine de la santé. Et un jour, en parlant avec mon éditeur, nous avons eu l’idée de cet ouvrage. Car cela faisait trente ans que je notais des anecdotes sur mes consultations dans un calepin. C’était l’occasion de faire partager ces moments de poésie et de connivence qui peuvent survenir lors des consultations. Et lorsque j’ai décidé d’écrire ce livre, j’ai noté encore davantage de perles, comme si mes patients avaient tous envie de figurer dans mon bouquin!

Quelles son vos «perles» préférées?

Celles qui me rappellent des moments de complicité avec un patient. Un jour, j’ai prescrit à l’un d’eux des ampoules de Surelen pour soigner des problèmes de fatigue sexuelle. Et il m’a répondu: «Ca tombe bien, ma femme s’appelle Hélène», ce qui nous a fait éclater de rire. Une autre fois, un patient m’a déclaré avoir une «vulve cardiaque». Désopilant.

Ces réflexions témoignent vraiment d’une méconnaissance des termes médicaux de la part de vos patients, comment l’expliquez-vous?

Je n’ai pas le sentiment qu’ils soient incultes, mais le vocabulaire médical n’est pas acquis par tous, comme le témoignent certaines perles: «J’ai une hernie fiscale», «Il a failli mourir d’une embellie pulmonaire», «J’ai attrapé une chiatique». Mais parfois, il s’agit de lapsus dus au stress de la consultation. Certains inventent aussi des mots: «Le cancer du sarcophage, c’est grave?», m’a par exemple demandé un patient un jour!

Ne craignez-vous que certains patients vous en veuillent d’avoir exploité leurs «bourdes»?

Non car cet ouvrage témoigne de notre complicité. Quand un patient fait un lapsus, on en rit ensemble. Et ceux qui m’ont choisi comme médecin traitant, savent que j’apprécie l’autodérision.

Au final, pensez-vous que l’humour permet de dédramatiser la consultation?

Oui car dans la plupart des consultations, la dimension psychologique est importante. Ces échanges parfois incongrus que j’ai partagés avec mes patients leur ont permis de prendre du recul par rapport à eux-mêmes et à leurs maux.

C’est grave docteur? De Michel Guilbert, éditions de l’Opportun, 9,90 euros.