Circulation alternée: «Niveau informations, on est complètement dans le brouillard!»

POLLUTION Annoncée tardivement par le gouvernement, la mise en place de la circulation alternée à Paris, ce lundi, suscite beaucoup d’interrogations chez les Parisiens...

Vincent Vantighem

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Pollution sur le périphérique parisien le 13 mars 2014.
Pollution sur le périphérique parisien le 13 mars 2014. — WITT/SIPA

Pic et pic de pollution et c’est le drame. Comme bon nombre de Franciliens, Benoît a consacré une bonne partie de son week-end à faire des recherches sur Internet pour savoir s’il avait le droit de circuler ce lundi. Annoncée tardivement par le gouvernement pour lutter contre l’épisode de pollution aux particules fines, la mise en place de la circulation alternée à Paris et trois départements limitrophes a démuni bon nombre de travailleurs.

Dix pompes dans le métro?

«Je suis favorable à ce genre de mesures, explique Benoît. Mais cela fait plus d’une semaine qu’on prévient de l’arrivée de ce pic de pollution et la circulation alternée est annoncée au dernier moment. Niveau informations, on est complètement dans le brouillard!» Ce n’est pas tant l’histoire des plaques d’immatriculation paire et impaire qui a perturbé ce technicien de 25 ans que les professions pouvant bénéficier d’une dérogation.

>> Voir notre diaporama: Pollution Capitale

«Je travaille dans une entreprise de dépollution des poussières sur les chantiers. Les engins de chantier ont le droit de rouler mais pas nous, résume-t-il après avoir enquêté pendant une demi-journée et appelé plusieurs fois ses collègues. Je me balade avec dix pompes dans ma camionnette. Je ne peux pas les emporter dans le métro tout de même…»

Une décision «prise à la va-vite»

«Les véhicules pour personnes handicapées, ils ont le droit de rouler?», interroge Jacques. «Et les aides à domicile?» Tout le week-end, les forums sur Internet ont été engorgés de questions aussi diverses que pratiques. «Je commence à trois heures du matin. Du coup, je peux aller travailler en voiture mais je ne peux pas revenir? C’est ça?», questionne Ana Cristina.

>> Comment allez vous vous organiser?

«L’information sur le sujet part vraiment dans tous les sens», critique Djamel. Responsable d’une entreprise de déménageurs, ce Parisien a passé la matinée de dimanche à lire tout et son contraire. «Finalement, les déménageurs bénéficient d’une dérogation. Mais cela illustre bien le fait que cette décision a été prise à la va-vite, sans réflexion…»

La politique s’invite dans le débat

Très rapidement, le sujet glisse donc sur les opinions politiques des uns et des autres. «Merci à Delanoé et aux écologistes», lâche un internaute sur 20minutes.fr. «Que viennent-ils faire là-dedans? C’est de leur faute s’il y a un pic de pollution?», lui rétorque un autre.

Et puis, il y a les radicaux qui ont tranché le débat dans le vif. «C’est 22 euros d’amende ou une journée de travail non payée, lâche Marcelle. Alors mon choix est vite fait !»