Pollution: «Enceinte et asthmatique, je ne sors plus de chez moi depuis deux jours»

TÉMOIGNAGES Les internautes touchés par le pic de pollution racontent comment ils s’en accomodent…

Christine Laemmel

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La tour Eiffel, vue du boulevard Malsherbes à Paris, avant et pendant le pic de pollution de mars 2014
La tour Eiffel, vue du boulevard Malsherbes à Paris, avant et pendant le pic de pollution de mars 2014 — Anne-Marie, internaute de «20 Minutes»

Trente départements français sont actuellement touchés par un pic de pollution. Interrogés en début de semaine, 70 % des internautes de 20 Minutes estimaient le phénomène «inquiétant» pour leur santé. Cinq jours plus tard, pas d’améliorations côté météo. Du coup, les internautes s’organisent face à l’invasion des particules.

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Enceinte de six mois et asthmatique sévère, Ellana, que nous avons contactée via notre page Facebook, subit directement le pic de pollution. Depuis une semaine, elle ne s’échappe que très rarement de son appartement du 13e arrondissement de Paris. «Je n’ouvre plus les fenêtres, explique-t-elle, et je ne quitte la maison que peu de temps le soir depuis une semaine.» Sifflements dans la respiration, essouflements rapides… Les symptômes, Ellana les connaît trop bien. «C’est pareil chaque année à chaque pic de pollution, se plaint-elle, et c’est encore pire depuis que je vis en région parisienne».

En juin 2013, lors d’un pic de pollution à l’ozone, la jeune femme de 29 ans a été forcée de passer six heures aux urgences sous inhalateur. Inenvisageable de retenter l’expérience cette année et de se retrouver enceinte sous cortisone. «Depuis deux jours, j’ai augmenté mon traitement de fond et je ne sors pas de chez moi», confie-t-elle comme sa seule alternative.

 

Asthmatiques aussi, Victoria et Augustin enchaînent les crises depuis quelques jours. «C’est juste le nombre de crise d’asthmes de l’année qui a été multiplié par trois en une semaine, réagit la première sur Twitter. Sinon tout va bien!»

Dans plusieurs villes de France, une chappe nuageuse s’élève au-dessus des immeubles. Faisant disparaître la Tour Eiffel à Paris, comme nous le montre la photo d’Anne-Marie, en illustration de cet article, ou le Mont Granier, dans l’Isère (38). Sous un «voile gris bleuté», comme le souligne Florian, difficile de continuer à pique-niquer, à l’image de ses voisins, «qui ont l’air de vivre ça normalement».

 

Face aux conséquences anxiogènes, certains internautes suivent les recommandations de l’Etat. Voire les anticipent. «Je prends les transports, nous dit un internaute, même si c’est 30 minutes de plus que la voiture. Quand je n’ai pas le choix, je roule à 90km/h même si je vois les trois-quarts continuer de speeder à 110. J’ai même réduit le chauffage.» Dylan, qui vient passer le week-end à Paris, a opté pour le covoiturage «déjà outré par les pics de pollution en Seine-Maritime», nous dit-il sur notre page Facebook. De bonnes résolutions qui «seront vite oubliées» selon Nelson, une fois le nuage dissipé. «Rendez-vous au prochain pic pour repartir de zéro.»