VIDEO. Affaire Sarkozy: Des mois d’enquête et d'écoutes

Vincent Vantighem

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BEBERT BRUNO/SIPA

Empêtré dans le scandale, le gouvernement a de nouveau dû se défendre, ce mercredi, d’être intervenu dans l’affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy. 20 Minutes dresse la chronologie des événements.

Septembre 2013

Selon Europe 1, Nicolas Sarkozy aurait été placé sur écoute en septembre 2013 par les juges d’instruction qui enquêtent sur des soupçons de financement illégal de sa campagne électorale de 2007. D’après des informations de Mediapart, le régime libyen de Mouammar Kadhafi aurait débloqué, en 2006, la somme de 50 millions d’euros pour financer la campagne présidentielle du candidat UMP.

Si l’enquête a été ouverte le 19 avril 2013, l’ancien président n’aurait donc été placé sur écoute qu’en septembre 2013.

17 février 2014

Les juges d’instruction alertent le tout nouveau procureur financier, Eliane Houlette. Dans les appels de Nicolas Sarkozy que les policiers ont interceptés figurent des discussions avec son avocat qui laissent à penser que l’ancien président est informé de l’avancée de l’enquête sur l’affaire Bettencourt par un magistrat de la Cour de cassation.

26 février 2014

Le nouveau procureur financier ouvre une nouvelle information judiciaire pour «violation du secret de l’instruction» et «trafic d’influence actif et passif». Comme il est d’usage, Eliane Houlette en informe alors François Falletti, procureur général près la cour d’appel de Paris.

Ce mercredi matin sur Europe 1, François Falletti a expliqué avoir tout de suite transmis l’information à la direction des affaires criminelles et des grâces à la Chancellerie, comme «c’est la règle».

28 février 2014

S’invitant au compte-rendu du Conseil des ministres ce mercredi matin, Christiane Taubira a reconnu qu’elle avait été prévenue le 28 février par la direction des affaires criminelles et des grâces de l’ouverture d’une information judiciaire visant l’ancien président de la République. «Mais je n’ai pas été informé ni des dates, ni du contenu des écoutes», a-t-elle martelé.

Si elle n’a pas alerté son homologue de l’Intérieur, elle affirme avoir informé Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, de cette affaire, histoire qu’il ne soit pas «pris de court» si des journalistes venaient à le questionner à ce propos.

4 mars 2014

D’après un article du Parisien daté de ce mercredi matin, François Hollande aurait été informé de l’ouverture de cette nouvelle enquête le 4 mars.

10 mars 2014

Sur le plateau du «20h» de TF1, Christiane Taubira se défend d’avoir été informée des interceptions de conversations téléphoniques entre Nicolas Sarkozy et son avocat, Thierry Herzog.

11 mars 2014

Face à la polémique qui enfle, Jean-Marc Ayrault accepte l’invitation du journal télévisé de France 2. Il finit par avouer qu’il est au courant de l’enquête et que Christiane Taubira aussi depuis le 26 février.

12 mars 2014

A l’issue du Conseil des ministres, Christiane Taubira se lance dans une conférence de presse improvisée. Brandissant la synthèse que lui a transmise François Falletti le 26 février, elle reconnaît avoir été alertée sur l’ouverture d’information judiciaire à cette date mais qu’elle ignore tout «des dates et des contenus» des enregistrements de Nicolas Sarkozy.

 

«Non, je n’ai pas menti! Je ne démissionnerai pas», martèle-t-elle.