Jean-Marie Delarue veut que les prisonniers puissent avoir accès à Internet et des portables

PRISON Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a reitéré mardi vingt recommandations...

avec AFP

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Jean-Marie Delarue s'inquiète du danger des prisons " déshumanisées ".
Jean-Marie Delarue s'inquiète du danger des prisons " déshumanisées ". — C. VIllemain / 20 Minutes

A trois mois de la fin de son mandat, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, a reitéré mardi vingt de ses recommandations restées lettres mortes, notamment l'introduction d'Internet et des téléphones portables en prison.

Mise à disposition contrôlée d'Internet

« Une étude doit rapidement préciser les conditions d'emploi des téléphones cellulaires en détention pour déboucher sur une autorisation contrôlée », exhorte le Contrôleur, qui s'était déjà dit favorable à cette possibilité à plusieurs reprises, la dernière le 12 février. Jean-Marie Delarue prône également la mise à disposition « contrôlée » d'Internet, qui incluerait l'accès à la messagerie électronique, également soumise à un contrôle éventuel.

Ces propositions figurent dans le rapport annuel du CGLPL, publié mardi. Concernant les moyens de communication existants avec l'extérieur, le Contrôleur souhaite que les téléphones fixes installés dans les établissements pénitentiaires « permettent des conversations qui ne (soient) pas entendues de tous » et que les courriers des détenus ne soient « ouverts et contrôlés que par le vaguemestre » (surveillant chargé du service postal).

passer la durée maximale de rétention d'un étranger de 45 à 32 jours

Parmi les autres recommandations, plusieurs concernent les conditions d'accueil des personnes gardées à vue et des étrangers en rétention. Le Contrôleur réclame notamment, à nouveau, que la durée maximale de rétention d'un étranger soit ramenée de 45 à 32 jours.

Pour Jean-Marie Delarue, cette liste de recommandations montre « qu'il est des mesures peu coûteuses » qui permettent de « faire autrement, avec le même matériel, les mêmes effectifs et si possible, renforcer l'intérêt des fonctionnaires ». « Il s'agit, en prenant en charge de manière plus digne les personnes privées de liberté, de diminuer les tensions, par conséquent de faciliter les évolutions et le retour à une vie normale (c'est-à-dire sans comportements de récidive) à la sortie », ajoute le Contrôleur.