Affaire Sarkozy: Mais qui est le magistrat Gilbert Azibert?

JUSTICE Il est décrit comme un «homme, professionnel solide et autoritaire»…

M.B.

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Gilbert Azibert le 24 juillet 2008 à Paris
Gilbert Azibert le 24 juillet 2008 à Paris — Thomas Coex AFP

De l’ombre à la lumière. Depuis vendredi, les projecteurs sont braqués sur Gilbert Azibert, à la suite des révélations du Monde selon lesquelles le haut magistrat du parquet général de la Cour de cassation renseignerait le camp sarkozyste.

Imbroglio autour d’une éventuelle tentative de suicide
 

Une «popularité» qui s’est encore renforcée ce lundi. Si Le Point affirmait dans la matinée que le magistrat avait fait une tentative de suicide dimanche, Europe 1 parle d’une simple chute, selon l’entourage du fils de Gilbert Azibert.

Les informations du Monde font mauvais genre à quelques jours de la décision de la haute juridiction attendue le 11 mars afin de savoir si elle valide la procédure Bettencourt, notamment la saisie des agendas de l’ancien chef de l’Etat, dont Nicolas Sarkozy a réclamé l’annulation.

C’est une conversation téléphonique de l’ex-président, sur écoute dans l’enquête sur les accusations de financement de sa campagne de 2007 par la Libye de Kadhafi, avec son avocat, Thierry Herzog, qui avait mis la puce à l’oreille de la justice. En cause: un échange entre les deux hommes où il serait question selon une source proche du dossier, de solliciter Gilbert Azibert, âgé de 67 ans, pour se renseigner sur une procédure en cours devant la Cour de cassation en lien avec l’affaire Bettencourt.

En échange, Gilbert Azibert, qui est en fin de carrière puisqu’il doit prendre sa retraite en février 2014, aurait sollicité l’intervention de Nicolas Sarkozy pour obtenir un poste de prestige à Monaco. En vain.

Résultat, le nouveau parquet national financier a ouvert le 26 février une information judiciaire pour violation du secret de l’instruction et trafic d’influence.

Une riche carrière et de nombreuses décorations
 

Ancien secrétaire général de la Chancellerie, présenté comme le ministre bis quand Rachida Dati était garde des Sceaux, Gilbert Azibert est aujourd’hui affecté à la 2e chambre civile de la Cour de cassation. Au cours de sa carrière, il a dirigé l’administration pénitentiaire, il a été président du tribunal de Nîmes (Gard), conseiller à la Cour d’appel de Versailles (Yvelines), patron de l’école nationale de la magistrature (ENM), puis procureur général de Bordeaux (Gironde). Il est également décrit par Le Monde comme «couvert d’honneurs et de médailles» puisqu’il est officier de la Légion d’honneur et des Palmes académiques, et commandeur dans l’ordre du Mérite.

D’après le quotidien du soir, c’est un «homme, professionnel solide et autoritaire… qui appartient à cette caste subtile de hauts magistrats marqués à droite qui disposent d’un puissant réseau, font ou défont dans l’ombre les carrières, et il a toujours été soupçonné de jouer un rôle influent dans la franc-maçonnerie».