Nicolas Sarkozy : Les affaires aux trousses

JUSTICE Accusation de financement libyen de sa campagne de 2007, sondages de l'Élysée, arbitrage Tapie: Nicolas Sarkozy ou son plus proche entourage sont cités dans plusieurs dossiers judiciaires...

20 Minutes avec AFP
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Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée du 29 janvier 2012.
Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée du 29 janvier 2012. — IONEL BONAVENTURE-P/SIPA

Les affaires dans lesquelles apparaît le nom de Nicolas Sarkozy ou ses plus proches collaborateurs sont susceptibles d'embarrasser l'ancien chef de l'État sur la route d'un éventuel retour en politique.

Accusations de financement libyen

Le Monde a révélé ce vendredi qu'il avait été placé sur écoute dans l'enquête sur les accusations de financement de sa campagne de 2007 par la Libye de Kadhafi.

Des juges du pôle financier enquêtent en effet depuis avril 2013 sur des accusations de financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy par le régime libyen de Mouammar Kadhafi, portées par Ziad Takieddine, lui-même mis en examen pour son rôle d'intermédiaire dans l’affaire Karachi. L’homme d’affaires n'a pas apporté de preuves. Plusieurs anciens dignitaires libyens ont affirmé que ce financement avait existé, sans fournir d'élément matériel, alors que d'autres anciens hommes forts du régime ont démenti.

Nicolas Sarkozy a lui-même déposé plainte pour faux contre Mediapart, qui avait publié une note censée accréditer ce financement dans l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2012. Une autre enquête est ouverte à ce sujet.

Trafic d’influence présumé

Nicolas Sarkozy se retrouve maintenant aussi en première ligne dans un dossier de trafic d’influence. Dans le cadre de l'enquête sur ce possible financement libyen, l'enregistrement d'une conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy, placé sur écoutes, et son avocat, Me Thierry Herzog, a provoqué l'ouverture d'une information judiciaire le 26 février pour trafic d'influence et violation du secret de l'instruction.

Dans leur conversation, les deux hommes évoquent un haut magistrat du parquet général de la Cour de cassation, Gilbert Azibert. Selon une source proche du dossier, il est question de le solliciter pour se renseigner sur une procédure en cours devant la Cour de cassation, qui vise à contester la saisie par des juges des agendas de l'ancien président dans l'affaire Bettencourt. Agendas qui intéressent aussi les juges chargés de l'enquête sur l'arbitrage Tapie.

Arbitrage Tapie

Trois juges du pôle financier enquêtent sur cet arbitrage qui a accordé 403 millions d'euros à Bernard Tapie en juillet 2008 pour régler son vieux litige avec le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas. Les magistrats soupçonnent une entente illicite, un "simulacre d'arbitrage" pour favoriser l'homme d'affaires, avec l'aval de l'exécutif de l'époque. Cinq personnes ont été mises en examen pour "escroquerie en bande organisée", dont Bernard Tapie, l'un des juges arbitres Pierre Estoup et l'ancien directeur de cabinet du ministère de l'Economie, aujourd'hui patron d'Orange, Stéphane Richard. L'enquête démontre que Bernard Tapie s'est rendu plusieurs fois à l'Elysée avant la sentence litigieuse.

Primes en liquide

Claude Guéant et Michel Gaudin, aujourd'hui directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, ont été placés en garde à vue en décembre 2013 dans l'affaire de primes en liquide ayant circulé au ministère de l'Intérieur. Au centre des investigations, les quelque 10.000 euros mensuels de primes non déclarées que Claude Guéant aurait perçues entre 2002 et 2004, lorsqu'il dirigeait le cabinet de Nicolas Sarkozy place Beauvau. M. Gaudin était alors directeur général de la police nationale (DGPN).

Sondages de l’Elysée

Un juge enquête, depuis début 2013, sur la régularité des contrats conclus, sans appel d'offres, entre l'Élysée et neuf instituts de sondage sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, notamment avec la société Publifact de son conseiller Patrick Buisson.

Une nomination contestée

L'ancien secrétaire général adjoint de l'Élysée, François Pérol, a été mis en examen le 6 février pour prise illégale d'intérêts, quatre ans après sa nomination controversée à la tête du groupe bancaire BPCE. Il est soupçonné d'avoir profité de sa position alors qu'il avait suivi à la présidence de la République la fusion entre la Banque populaire et la Caisse d'Épargne.

Violation du secret professionnel

Des juges d'instruction enquêtent pour déterminer si Nicolas Sarkozy a pu se rendre complice d'une violation du secret de l'instruction en marge de l'affaire Karachi.