Marina, Fiona, Typhaine: Innocence en danger envoie les enfants martyrs près des étoiles

Vincent Vantighem

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Fiona, 5 ans, a disparu dimanche 12 mai dans un parc de Clermont-Ferrand
Fiona, 5 ans, a disparu dimanche 12 mai dans un parc de Clermont-Ferrand — D.R.

Un ballon gonflé à l’hélium, une petite caméra et un traceur GPS. Quand Djamila Allaf a découvert qu’un papa de l’Ain avait envoyé les jouets préférés de ses deux enfants dans l’espace pour leur faire plaisir, elle a été «bouleversée». Il faut dire que la secrétaire générale de l’association Innocence en danger a plus l’habitude de fréquenter des enfants cabossés par la vie. Et d’honorer la mémoire de ceux morts sous les coups de leurs parents.

La vidéo des jouets dans l'espace

C’est en visionnant une nouvelle fois la vidéo des «jouets dans l’espace» que Djamila Allaf a finalement eu l’idée de rendre hommage à trois d’entre eux. «Je me suis dit: ‘’Pourquoi ne pas faire la même chose et envoyer leur effigie dans l’espace?’’, raconte-t-elle. Après tout, ce sont des anges qui méritent de rejoindre les étoiles.»

Décollage dimanche matin

L’actualité de ces derniers mois lui a malheureusement offert un choix qu’elle aurait voulu plus restreint. Il s’est finalement porté sur la petite Marina tuée par ses parents en 2009 dont le corps avait été camouflé dans une caisse remplie de béton, sur Typhaine enterrée dans une forêt de la banlieue de Charleroi (Belgique) et sur Fiona dont le corps n’a toujours pas été retrouvé après les aveux de maltraitance de sa mère.

«Nous avons constitué des petites statuettes à leur effigie, poursuit la secrétaire générale. Et comme pour les jouets, nous allons les envoyer dans la stratosphère.» Le décollage est prévu dimanche matin depuis une zone aménagée près de Bourg-en-Bresse (Ain). «Pour des raisons de sécurité, nous préférons ne pas dévoiler le lieu exact sinon trop de monde pourrait vouloir venir rendre hommage et perturber cette cérémonie.»

Equipées d’un parachute

Les voyages dans l’espace aérien sont en effet très réglementés. Encore plus quand il s’agit de monter jusqu’à la stratosphère. «L’arrêté qui régit ce genre de vols a été révisé l’an dernier, confie Eric Héraud, porte-parole de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Les envols de ballons de plus de 12 kilos nécessitent une autorisation. On n’envoie pas ce que l’on veut n’importe où…»

Un américain avait lancé le mouvement

Car une fois arrivé dans la stratosphère, le ballon d’hélium se désagrège et son chargement retombe lourdement sur le sol. A moins qu’il ne soit équipé d’un parachute. «Ce sera le cas pour nos petites statuettes», conclut Djamila Allaf. Reste à savoir où et quand elles retomberont sur terre. Les jouets avaient passé deux heures la tête dans les étoiles avant d’atterrir dans un champ de maïs. Djamila n’en espère pas moins pour ses «anges».