Après avoir joué à «attrape moi si tu peux», la «marieuse de Biarritz» a été arrêtée

Vincent Vantighem

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La Teste-de-Buch (Gironde)
La Teste-de-Buch (Gironde) — Capture d'écran 20 Minutes Google Map

Ses fiches de paie étaient des faux quasi parfaits. A ceci près qu’elles comportaient de «grossières fautes d’orthographe». C’est d’ailleurs ce qui a mis la puce à l’oreille d’une agence immobilière d’Arcachon (Gironde) qui a alerté la police en janvier dernier. Se présentant comme une hôtesse de l’air employée par Air France, une femme de 43 ans a été interpellée, lundi, à La Teste-de-Buch dans le bassin d’Arcachon, a appris 20 Minutes ce mercredi.

En remontant le fil de son histoire, les enquêteurs se sont rendu compte que cette femme n’était autre que celle que les médias ont surnommé «la marieuse de Biarritz». Condamnée à deux reprises en son absence pour «escroquerie», Véronique Ibarrart-Bunoust était en fait en cavale depuis 2010 dans la région girondine.

L’organisatrice de mariage partait avant la cérémonie

A l’époque, c’est en tant qu’organisatrice de mariage qu’elle se présentait. «Elle avait monté une société fantôme, raconte Emmanuel Richard, commissaire dans la circonscription d’Arcachon. Elle a encaissé les chèques d’une quinzaine de couples dont elle devait organiser le mariage et elle s’est barrée avant le plus beau jour de leur vie.»

Effaçant ses traces entre la Gironde et les Landes, ce n’est qu’en 2012 qu’elle refait surface. Là, c’est sur les sites Internet de rencontres qu’elle se fait remarquer. Elle séduit plusieurs hommes à qui elle vole argent et cartes de crédit, toujours sous couvert d’une fausse identité avant de prendre la fuite.

Chef de cabine pour A.380 chez Air France

Partie sans laisser d’adresse, «la marieuse de Biarritz» recommence les mêmes escroqueries dans le bassin d’Arcachon fin 2013. En janvier, elle dépose donc un dossier dans une agence immobilière afin de pouvoir louer un nouveau logement. «Elle se présentait comme une hôtesse, chef de cabine pour A.380 chez Air France, poursuit le commissaire. Elle montrait des fiches de paie avec un très gros salaire. Du coup, elle devenait prioritaire aux yeux des propriétaires. Sauf qu’elle ne payait jamais le loyer et qu’elle prenait la fuite au bout de trois ou quatre mois. Elle nous a fait penser au film ‘’Attrape moi si tu peux’’.»

Mais son voyage a pris fin lundi dans son nouveau logement de La Teste-de-Buch. «Elle n’a opposé aucune résistance lors de son arrestation», poursuit le commissaire. Après avoir reconnu les faits en garde à vue, elle a été incarcérée au centre pénitentiaire de Gradignan pour purger la peine d’un an de prison à laquelle elle avait été condamnée en son absence. «Elle avait trouvé un nouveau compagnon, conclut le commissaire. Il est tombé des nues quand on lui a expliqué la situation. Elle s’apprêtait sans doute à le plumer comme tous les autres.»