Européennes: les socialistes lancent leur campagne pour une «réorientation» de l'Europe

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Le PS français lance lundi sa campagne pour les élections européennes, "Choisir notre Europe", qui se veut axée sur une "réorientation" du continent après "les années libérales et austéritaires".
Le PS français lance lundi sa campagne pour les élections européennes, "Choisir notre Europe", qui se veut axée sur une "réorientation" du continent après "les années libérales et austéritaires". — Thomas Samson AFP

Le Parti socialiste français lance lundi sa campagne pour les élections européennes, «Choisir notre Europe», qui se veut axée sur une «réorientation» du continent après «les années libérales et austéritaires».

«Il faut tourner la page des années libérales et austéritaires, refuser que l'Europe ne se défasse sous la pression des populismes et des nationalismes», explique à l'AFP le premier secrétaire du PS, Harlem Désir.

«Nous voulons une réorientation de l'Europe, d'autres priorités (...) l'emploi, la croissance, des politiques communes dans les grands domaines d'avenir, l'industrie du futur, la transition écologique, le numérique», ajoute-t-il.

«C'est pour cela que nous voulons lancer la campagne très tôt», avant même la fin de la campagne pour les municipales, poursuit le responsable socialiste, faisant valoir que la campagne pour les européennes du 25 mai sera «très courte» après le scrutin des 23 et 30 mars.

«Nous sommes le premier parti à être prêt pour les élections européennes», se félicite-t-il.

Une conférence de presse est prévue lundi matin au siège du Parti Socialiste, autour d'Harlem Désir, et de Jean-Christophe Cambadélis, le directeur de campagne du PS pour les européennes.

Quelques têtes de liste socialistes par région seront également présentes.

Ce lancement de campagne intervient au lendemain du congrès du Parti Socialiste Européen (PSE) à Rome, où socialistes et sociaux démocrates du continent ont désigné samedi l'allemand Martin Schulz, le président du Parlement de Strasbourg, comme leur candidat à la présidence de la Commission européenne.

«Il s'agit d'une élection historique, car pour la première fois, le Parlement européen va élire le président de la Commission européenne», commente Harlem Désir.

«Sortir de la récession avec une politique de croissance»

«Il y a un enjeu, faire élire un socialiste à la tête de la Commission européenne au travers des élections au Parlement. Ce que ne savent pas aujourd'hui les Français», poursuit le responsable du PS.

Aux termes du traité européen de Lisbonne, les chefs d'Etat et de gouvernement devront tenir compte des résultats des élections européennes pour la présidence de la Commission de Bruxelles, même si certains d'entre eux résistent à se voir imposer leur futur interlocuteur à la tête de la Commission.

La présidence de la Commission est assurée depuis près de dix ans par le libéral José Manuel Barroso.

Le congrès du PSE a également adopté un Manifeste en dix points pour «une nouvelle Europe», contre une «majorité de droite», qui a créé une «Europe de la peur et de l'austérité».

Après ce congrès, «la stratégie de campagne est définie, tant sur le plan des slogans que des propositions», assure Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS à l'Europe et à l'international.

«Sans une réorientation de l'Europe, rien n'est possible. On ne peut pas concevoir un pacte de responsabilité, des économies budgétaires, sans une politique de croissance européenne, sans sortir l'Europe de la récession. Ce qui est un ensemble. Il faut le dire aux Français le plus clairement possible avant le tumulte des municipales», ajoute celui qui est aussi le vice-président du PSE.

«Nous avons trois adversaires (au niveau européen pour ces élections): la droite sortante, l'europhobie et l'abstention», conclut M. Cambadélis.

Les socialistes français entendent dans cet esprit mener campagne autour du slogan: «choisir notre Europe».

Ils comptent dévoiler aussi une «plate-forme d'interpellation», sorte de campagne interactive permettant aux citoyens d'entrer en contact avec Martin Schulz et les candidats sur les principales propositions de la campagne, indique Harlem Désir, en souhaitant une campagne «concrète» et proche des préoccupations des citoyens.