Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d'Ile-de-France, dans son bureau, le 27 février 2014.
Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d'Ile-de-France, dans son bureau, le 27 février 2014. — V WARTNER/20MINUTES

Société

Jean-Paul-Huchon: «Le Pass Navigo, c’est la première carte d’identité des Franciliens»

INTERVIEW – Le président du Stif et de la région Ile-de-France, publie ce vendredi un essai sur la région…

Quel avenir pour la région? Jean-Paul Huchon, président du conseil régional et du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), publie ce vendredi un essai intitulé «Confiance, cohésion, conviction, De nouvelles vertus pour l’action publique», disponible sur le site de la Fondation Jean-Jaurès. L’occasion pour «20Minutes» de faire le point avec lui sur les travaux prévus cette année pour améliorer la ponctualité des transports et d’aborder son avenir à la tête de la Région.

Pourquoi cet essai?

Dans notre région, riche et puissante, il y a aussi de grandes inégalités. Comment assurer, alors que les municipales arrivent, qu'il n'y ait pas de nouvelles fractures territoriales dans les prochaines années? Le projet de la Région pour 2030 vise à aller dans le sens de cette réduction. Et c'est le but de cet essai que d’apporter des pistes de réflexion.

Dans votre essai, vous pointez l’intérêt du Pass Navigo unique pour les Franciliens…

Oui et même plus que ça. C’est la première carte d’identité des Franciliens. Mais ce pourrait être une carte d’accès à d'autres services publics, utile aux Franciliens qu’ils soient étudiants, salariés, lycéens… pour participer à des événements sportifs et culturels, etc. On est en plein travail là dessus. Le bon support, techniquement, ce serait la carte Navigo. Il faut qu’on s'accorde avec le Stif pour y adjoindre de services nouveaux.

Le Conseil du Stif se tient le 5 mars, d’autres annonces sont attendues ?

Nous allons renforcer la ligne 1, avec 43 rames en plus par jour et par sens, ainsi que la ligne 6 dans les mêmes proportions. Vingt-cinq lignes de Bus améliorées seront également déployées, dont 8 lignes Paris et petite couronne et 17 lignes grande couronne pour augmenter leur capacité, améliorer les horaires de passage, mieux les articuler avec ceux des trains... Enfin, le nombre de tramway va augmenter sur la ligne T5.

L’année 2013 a été compliquée dans les transports. Que peut-on espérer pour 2014?

C’est vrai que ça n’a pas été un bon cru en terme de ponctualité. C’est pourquoi des travaux sérieux doivent permettre d'améliorer les choses. C’est une optique risquée que nous avons prise de fermer des lignes pour ces travaux. Cela supposera une bonne information des voyageurs et un système de remplacement impeccable de la part de la SNCF. Si c'est un peu meilleur en ce début 2014, en particulier sur le D et sur la C, ça reste mauvais au niveau du A et sur le B, pour lequel je suis particulièrement mécontent. Mais avec ces travaux, on serait donc en droit, dès fin 2014, début 2015, d'avoir des améliorations.

Vous parlez beaucoup dans votre essai de la mobilité...

C'est un des moyens privilégiés pour résorber les fractures territoriales et sociales. L'autre est la qualité et la densité du développement économique. C'est-à-dire d'avoir plusieurs pôles de développement. De refuser la spécialisation et l’élitisme dans le territoire. L’idée est de parler d’un développement équilibré, qui donnerait sa chance de développement à chaque territoire.

Comment comptez-vous y parvenir ?

Nous poursuivons le Nouveau Grand Paris. C'est-à-dire permettre une nouvelle couverture des transports de banlieue à banlieue. Ça c’est la nouveauté, pour permette aux gens de banlieues de voyager plus vite sans passer par Paris. Et donc de gagner jusqu'à une demi heure par jour en terme de transports... Et puis, la mobilité, c'est aussi le prix du transport. Là-dessus, on va vers le dézonage total du pass Navigo. Celui-ci pourra voir le jour dès que nous aurons obtenu l'harmonisation des taux de versement transport entre Paris, la petite couronne et la grande couronne.

Votre essai ressemble à un programme. Etes-vous candidat à votre succession?

Il y a une impatience que je comprends. Mais il y tout un travail pour la naissance de la Métropole, et le développement économique, les startups…  Ça prend un temps fou. La condition essentielle pour notre travail est de rassembler une majorité pour faire avancer les dossiers.  Et c'est aussi une question qui pousse à réfléchir aux  conditions des prochaines élections régionales.

Enfin, comment trouvez-vous le programme de Rock-en-Seine ?

Portishead, pour moi qui suis un grand adepte du trip hop, je suis comblé, même si j'attends de voir sur scène...  Il y aura aussi Arctic Monkeys, extrêmement dynamique et Lana del Rey pour le petit coté populaire. Je la connais peu, mais je suis sur que ce sera un joli truc. Sans oublier notre orchestre de la région qui pourrait jouer, pourquoi pas avec Portishead d’ailleurs…