La plus âgée des survivants des camps de la mort décède à l'âge de 110 ans

MONDE Alice Herz-Sommer avait été déportée dans le camp de Terezin en 1943...

A.Ch.
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Capture d'écran d'un documentaire d'Arte consacré à la pianiste et survivante de l'Holocauste Alice Herz-Sommer.
Capture d'écran d'un documentaire d'Arte consacré à la pianiste et survivante de l'Holocauste Alice Herz-Sommer. — capture d'écran

Elle aurait survécu grâce à sa passion pour le piano: Alice Herz-Sommer, supposée être la plus âgée des survivants de l’Holocauste, est décédée ce dimanche à Londres à l’âge de 110 ans. Originaire de Prague, elle avait été déportée en 1943 avec son mari et son fils dans le camp de concentration tchèque de Terezin (Theresienstadt en allemand).

La famille de Alice Herz-Sommer a annoncé son décès alors que la vieille dame est l’héroïne d’un documentaire, intitulé The lady in number 6: Music saved my life (La dame du numéro 6: La musique m’a sauvé la vie), nommé pour le prix du meilleur documentaire aux Oscars.



 

«La musique nous nourrissait»

Pianiste accomplie, Alice Herz-Sommer avait été autorisée à jouer durant sa période de détention. «Ces concerts, les gens assis là, personnes âgées, désolées et malades, qui venaient aux concerts, la musique était de la nourriture pour eux, se rappelait-elle. La musique nous nourrissait. C’est la musique qui nous maintenait en vie.» Sa vie a déjà inspiré deux livres et le documentaire pourrait être couronné lors de la prochaine cérémonie des Oscars.

La mère de Alice Herz-Sommer avait été déportée quelques temps avant sa fille dans le camp de Treblinka, dont elle n’est pas revenue. Une perte dont Alice ne s’est soignée qu’en se lançant dans l’apprentissage, à raison de huit heures par jour, des 24 études pour piano de Frédéric Chopin. Le mari d’Alice Herz-Sommer est mort du typhus dans le camp de Dachau. Son fils, Raphael, violoncelliste de concert, est mort en 2001.