La France veut encore plus d'étudiants chinois

MONDE Laurent Fabius a affirmé que la France n'en était pas «rassasiée»...

avec AFP

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Afin de faciliter l'accueil des étudiants etrangers, la Cite  Internationale Universitaire de Paris, met en place un guichet unique.
Afin de faciliter l'accueil des étudiants etrangers, la Cite Internationale Universitaire de Paris, met en place un guichet unique. — DURAND FLORENCE/SIPA

En dépit du fort accroissement du nombre d'étudiants chinois sur son sol en l'espace de cinq décennies, la France voudrait encore «en accueillir beaucoup plus», a lancé dimanche à Pékin le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. «Il y a désormais plus de 10.000 nouveaux étudiants chinois par an en France», contre moins de 200 en 1964, «mais nous ne sommes pas rassasiés, nous en voulons beaucoup plus!», a-t-il déclaré lors d'une cérémonie à laquelle participaient d'anciens étudiants, dont le plus âgé était presque centenaire.

Il y a actuellement 35.000 étudiants chinois en France en nombre cumulé, et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a dévoilé en décembre un objectif de 50.000 étudiants chinois d'ici à 2015. En comparaison, on compte 7.500 étudiants français en Chine où ils constituent la première communauté d'étudiants européens. «Ce lien (entre les deux pays) ne doit pas être un souvenir mais une réalité vivante», a ajouté Laurent Fabius, estimant que les expériences professionnelles très diverses des Chinois réunis pour l'occasion «prouvent que la France peut être aussi bonne pour la culture que pour l'économie». «Dans le domaine de l'entreprise, maîtriser la culture française permet d'éviter des malentendus, nous jouons un rôle de passerelles», a justement expliqué à l'AFP Wang Dadong, actuel vice-président d'Airbus en Chine, qui a étudié à l'ENA dans les années 1980 -- où il a, confie-t-il, «adopté davantage d'esprit critique».

«C'est nous qui avions présenté les rouleaux de printemps à nos amis français»

Le chef de la diplomatie française, en voyage officiel en Chine depuis vendredi, a par ailleurs rendu hommage à Wang Ximin, 95 ans, «doyen» des étudiants chinois ayant été scolarisés dans l'hexagone. Présent dimanche soir à l'ambassade de France à Pékin, Wang Ximin a étudié de 1946 à 1950 aux Beaux-Arts avant de revenir faire carrière en Chine. Lui aussi présent lors de cette cérémonie, Liu Jiaxiang a pour sa part étudié à Rennes entre 1964 et 1968, appartenant à la toute première génération d'étudiants envoyés par le gouvernement chinois après l'établissement de relations diplomatiques entre Pékin et Paris -- évènement dont on fête en 2014 le cinquantième anniversaire. «Il m'en reste de vives images: c'est nous qui avions présenté les rouleaux de printemps à nos amis français», pour qui la gastronomie chinoise n'avait à l'époque rien de familier, a-t-il relaté.