Nantes: Violences et forte mobilisation contre le projet d’aéroport de ND-des-Landes

SOCIETE Les incidents ont fait six blessés parmi les forces de l'ordre qui ont interpellé une personne, selon le ministre de l'Intérieu...

C.P. avec AFP

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La manifestation contre l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes a réuni à Nantes selon la préfecture de Loire-Atlantique "autour de 20.000 manifestants avec près de 1.000 manifestants radicaux prêts pour le combat qui n'ont pu être contrôlés par les organisateurs".
La manifestation contre l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes a réuni à Nantes selon la préfecture de Loire-Atlantique "autour de 20.000 manifestants avec près de 1.000 manifestants radicaux prêts pour le combat qui n'ont pu être contrôlés par les organisateurs". — Frank Perry AFP

La manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a dégénéré samedi après-midi dans le centre-ville de Nantes, théâtre d'affrontements entre plusieurs centaines d'opposants radicaux et les forces de l'ordre.

Lors d'une conférence de presse, samedi soir, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a condamné les violences de ces individus qui «voulaient casser du gendarme» évoquant des scènes de «guérilla urbaine». Il a indiqué crandre que des groupe isolés poursuivent les violence dans la soirée et mis directement en cause l'ultra-gauche et les autonomes.

Gaz lacrymogènes

En fin d'après-midi, le centre-ville affichait des scènes de dévastation. Les casseurs ont saccagé un poste de police, une agence du groupe Vinci (concessionnaire du projet d'aéroport), mais ont aussi brisé plusieurs vitrines de magasins, celles d'une agence des transports nantais ou encore d'une agence Nouvelles Frontières.

Au moins deux engins de chantier mais aussi une barricade ont aussi été incendiés. Des objets ont été lancés sur les caténaires SNCF afin de bloquer la circulation des trains, a-t-on indiqué de sources policières.

Quant aux forces de l'ordre, elles ont fait usage d'une grande quantité de grenades lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de canons à eau. Des manifestants s'éloignaient aveuglés par les gaz lacrymogènes tandis que plusieurs centaines d'autres continuaient à faire face aux forces de l'ordre, renvoyant de nouveaux projectiles: bouteilles, ou même les propres grenades des forces de l'ordre.

« Près de 1.000 manifestants radicaux prêts pour le combat»

«Peu importe ce que dira la préfecture, pour vous tous et toutes c'est un grand succès», a assuré à l'issue de la manifestation Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, la principale organisation d'opposants au projet d'aéroport, qui s'est refusé à donner un chiffre précis de manifestants, évoquant «plusieurs dizaines de milliers». Selon lui, la participation est équivalente aux précédents grands rassemblements, comme celui de novembre 2012 qui avait compté selon les organisateurs 40.000 personnes (13.000 selon la police).

Selon la préfecture de Loire-Atlantique, on dénombrait «autour de 20.000 manifestants avec près de 1.000 manifestants radicaux prêts pour le combat qui n'ont pu être contrôlés par les organisateurs».

«EELV condamne fermement les actes de violence à Nantes»

Le sénateur EELV Jean-Vincent Placé, Christian Troadec, leader des «Bonnets rouges» bretons venu «à titre personnel», le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon étaient présents dans le cortège.

Quant à Cécile Duflot, la ministre écologiste du Logement, elle a affirmé samedi dans un entretien au Monde que si elle n'était pas ministre, elle soutiendrait «plutôt deux fois qu'une» les opposants, se disant «de coeur avec eux».

La secrétaire nationale d'EELV Emmanuelle Cosse a déclaré samedi sur les réseaux sociaux que «EELV condamne fermement les actes de violence à Nantes».

Cette manifestation était organisée deux mois après la publication des arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux préalables à la construction de l'aéroport, alors que des recours ont été déposés.. Cependant, les travaux n'ont toujours pas commencé.

L'inauguration du futur aéroport Grand Ouest, prévue initialement en 2017, est désormais envisagée seulement «en 2019 ou avant 2020» par les partisans du transfert.