Le Samu social à Lille, le 3 novembre 2011.
Le Samu social à Lille, le 3 novembre 2011. — B. CHIBANE / SIPA

Société

Hébergement d’urgence: Les demandes toujours plus nombreuses

SOCIAL – Grâce au baromètre mensuel de la Fnars...

La situation est toujours aussi difficile pour les personnes sans-abris en janvier 2014, selon le baromètre de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars). L’étude s’interesse particulièrement à la situation à Paris et dans 37 départements qui servent d’échantillon. 20 Minutes fait le point sur les principaux enseignements.

Une demande en augmentation
Entre décembre 2013 et janvier 2014, le nombre d'appels au 115 a augmenté de 5%. Les appels des femmes sont en hausse de 11% dans les départements qui servent d’échantillon, et même de 24% à Paris, la nuit. La nuit, elles représentent 8% des demandes contre 5% des demandes en journée. Au total, dans les 37 départements, ce sont 17.676 personnes qui ont composé le 115 et dans 92% des cas, c’était pour une demande d’hébergement. A Paris, en janvier, 16.700 personnes ont composé le 115 et 8.127 en soirée, ce qui constitue une baisse de 1% en journée et une hausse de 3% en soirée.

Les demandes sont-elles satisfaites?
Entre janvier 2013 et janvier 2014, la demande d’hébergement a augmenté de 6%. Sur les demandes d’hébergement, 42% sont satisfaites sur les 37 départements test (contre 39% en décembre), et 59% à Paris. «Les capacités d’hébergement ont été renforcées sur les territoires», note la Fnars dans son baromètre. A noter qu’une partie de la hausse de l’activité du 115 est «due à une réitération des demandes par les personnes», note la Fnars, car il n’y a pas de solution pérenne. La principale cause de non attribution d’un hébergement (74%) vient d’un manque de place disponible. Les autres causes sont principalement le «non rappel de la personne» (9%) et une «fin de prise en charge» (9%). A Paris, seules 29% des non-attributions d’hébergement sont dues à un manque de place disponible. Dans 22% des cas, c’est parce que la personne qui appelle  ne relève pas du 115 Paris mais d’un autre organisme.

Qui sont ceux qui demandent un hébergement?
D’après l’étude de la Fnars, à Paris, les hommes représentent 65% des demandeurs d’hébergement, les personnes en familles sont 26%, les femmes seules 5% et les couples sans enfants sont 4%. La sociologie est différente dans les 37 départements qui servent d’échantillons: les personnes en familles représentent 47%, les hommes seuls 36%, les femmes seules 9%, les couples sans enfants 7% et les groupes d’adultes sans enfants, 1%. A la faiblesse des réponses apportées, s’ajoutent l’inadaptation des réponses et l’incapacité du dispositif d’hébergement à favoriser l’accès à des solutions durables», précise la Fnars.

Dans quels types d’hébergements les personnes sont prises en charge?
A Paris, le Samu social loge les personnes en demande dans des hébergements d’urgence à 87%, dans des hôtels dans 11,8% des cas, et dans des lits haltes soins santé (HLSS) dans 0,4% des cas. Dans les 37 autres départements, l’hébergement d’urgence représente 44% des solutions, l’hébergement d’urgence hivernal 28%, les hôtels 25%. Dans 4% des cas, une autre solution, non précisée, est privilégiée.

Y-a-t-il des disparités nationales?
Lors d’appels au 115, on peut noter dans certains départements une très forte demande, non pas d’hébergement mais de «prestations», c’est-à-dire d’aide alimentaire, de duvet, de soin, etc. Par exemple, dans le Jura, c’est 74% des demandes, dans les Alpes-Maritimes, c’est 61% des demandes. «Cette plus forte proportion s’explique «par l’insuffisance voire la quasi-absence de places d’hébergement à proposer par le 115», analyse la Fnars.