Affaire Pérol: Les archives de Claude Guéant portées disparues

JUSTICE Elles sont pourtant un élément clé de l'enquête sur le rôle joué par François Pérol dans la création de Banques populaires-Caisses d'épargne et sa nomination à sa tête...

N. Beu.

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Claude Guéant, le 10 avril 2013.
Claude Guéant, le 10 avril 2013. — ANTONIOL ANTOINE/SIPA

Où sont passées les archives de Claude Guéant? Le Monde pose la question ce samedi après la découverte d’une lettre de Pierre-René Lemas, le secrétaire général de l’Elysée de François Hollande et successeur de Guéant à ce poste, adressée au juge Roger Le Loire.

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«Le fonds d'archives papier de M. Claude Guéant n'a pas été reversé aux Archives nationales, et il n'en a pas été trouvé trace dans les locaux de la présidence de la République», écrit ainsi Lemas. Un responsable de l'Elysée a confirmé à l'AFP que ce courrier «indiquant que les archives de Claude Guéant n'ont pas été retrouvées» avait bien été envoyé par Pierre-René Lemas. «Il n'y a pas de traces» de ces archives, a-t-on souligné.

Un fait qui serait peut-être passé inaperçu si les écrits et notes de Claude Guéant, qui fut durant près de quatre ans, rappelle Le Monde, le plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy, n’étaient pas au centre d’une enquête du magistrat du pôle financier sur le rôle joué par François Pérol dans le cadre de la fusion des Caisses d'épargne et des Banques populaires (BPCE).

Guéant assure n'y être pour rien

Car Pérol, un ancien de l’Elysée, est suspecté d’avoir participé aux négociations qui ont conduit à la création de la banque BPCE, avant d’être nommé à sa tête en 2009. Devant le juge qui l’a mis en examen le 6 février pour «prise illégale d’intérêts», Pérol a assuré n’avoir été qu’un simple «conseiller» du chef de l'Etat et n'avoir joué aucun «rôle exécutif» dans cette affaire. Une affirmation que la justice aurait pu vérifier en consultant les archives de Claude Guéant.

Alors, simple oubli ou manœuvre délibérée? Le Monde rappelle qu’il est d’usage, à chaque changement de présidence, de verser les notes et écrits des collaborateurs de la présidence au fonds des Archives nationales. Or Guéant, nommé au ministère de l’Intérieur en 2011, n’a pas vécu la passation de pouvoirs avec l’administration Hollande. «Comme vous le savez, j'ai quitté l'Elysée à la fin de février 2011. Je ne me suis donc pas trouvé en situation de gérer le suivi des archives de la présidence après l’élection présidentielle, a-t-il ainsi répondu au Monde. Mais je crois me souvenir qu'il y a de toute façon un archiviste à l'Elysée.» En d'autres termes, le jeu de pistes continue.