«Tous à poil», l'avis des internautes: «On n'y voit pas de personnages copuler, où est la perversion?»

VOTRE AVIS «Tous à poil», livre scandaleux? Le verdict des internautes de «20 Minutes»...

Christine Laemmel

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FRANCOIS GUILLOT / AFP

«J’ai commandé le livre sur Amazon en signe de protestation». Après l’attaque acide envoyée par Jean-François Copé sur le livre Tous à Poil, Jean-Claude, internaute de 20 Minutes, a décidé d’agir, «espérant que ça fasse boule de neige». Depuis dimanche, la polémique a fait son bout de chemin. L’ouvrage est numéro un des ventes sur Amazon et sur 20 Minutes, il a suscité plus de 200 commentaires, visibles par exemple dans cet article ou ce post Facebook. De «livre malsain» à «ouvrage qui va dans le bon sens», revue d’avis des internautes de 20 Minutes, où nudité, sexualité et perversité s’emmêlent souvent.

«On voit des gens se déshabiller jusqu'à apprendre qu'ils vont se baigner, où est la perversion?» Freya résume le questionnement qui revient dans beaucoup de messages. Où est le mal? Il s’agit, «par de dessins et non de photos», souligne Olympe, «d'expliquer aux enfants que nous sommes tous égaux, analyse Freya. On n’y voit pas de personnages copuler, le voisin se masturber», ce qui serait, en effet, «traumatisant». A un internaute qui évoque Marc Dorcel, producteur de films X, Freya répond, étranglée: «Avez-vous vu une partouze dans ce livre?»

«Une société où la pudeur existe»

Le pont entre la nudité des personnages du livre (mamie, voisins, institutrice…) et la sexualité, est pourtant dessiné par beaucoup. Nicolas use du mot «malsain» quand d’autres n’hésitent pas à évoquer l’inceste, ou ce moment «où un enfant trouvera ça normal qu’un adulte se dévêtisse devant lui».

Aurore, plus mesurée, évoque une «pudeur» nécessaire. «Je ne comprends pas trop le concept de famille nudiste mis en valeur par l’image finale», où toute la famille dévêtue va se baigner. «Oui, nous sommes tous nés nus, poursuit-elle, mais nous sommes dans une société où la pudeur existe.» Lindsay redoute même la réaction de ses enfants, les imaginant «mal à l’aise» ou déstabilisés par le manque de texte.

Jeanne parie sur des «gloussements», pas plus, persuadée que les enfants ne percevraient aucune allusion sexuelle. «Ils ont vu leurs parents à poil, suppose Jeanne, dans les deux secondes qui suivent, ils vont passer à autre chose.»

Qu’importe le message, selon Angélique, maman de deux enfants et enceinte du troisième, puisque c’est son «rôle de maman», pas celui d’un livre «d’apprendre les différences des corps à mes enfants» écrit-elle, préférant «le dialogue» à l’image.

«Et les publicités dans la rue, vous êtes troublés aussi?»

Des illustrations dévoilant le corps humain, les enfants en voient pourtant chaque jour. «Êtes-vous aussi outré lorsque vos enfants admirent des sculptures de nus au musée?» interroge par exemple Freya. Va-t-on devoir interdire l’accès des plus jeunes aux dictionnaires qui représentent le corps humain en détail? «Et que pensez-vous des catalogues, se demande Jean-Claude, où tout le monde peut voir des mannequins en petites culottes? Et les publicités dans la rue, vous êtes troublés aussi?»

Et d’autres de s’étonner de cette soudaine attention envers les lectures enfantines. Audrey se souvient d’«avoir lu des bouquins pour enfants qui abordent la sexualité», qui l’avaient «justement bien aidée à comprendre certaines choses que l’on n’ose pas demander aux adultes». Et pourquoi ne pas se mettre à décortiquer tous les messages cachés ou pas, des ouvrages pour enfants. Quid de La petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête? Livre scatophile? «Je me demande si les enfants vont encore pouvoir lire Le petit Poucet, écrit Marie. Un papa et une maman qui veulent abandonner leurs enfants. Mais où va le monde?»