Réforme des rythmes scolaires: Les trois raisons de la déception des profs

EDUCATION La mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires leur pose problème, comme le révèle une étude du SNUipp dévoilée ce mercredi…

Delphine Bancaud

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M.LIBERT/20MINUTES

Une impression de gâchis. Voilà le sentiment qui prédomine lorsqu’on interroge les enseignants sur la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires dans les 20% de communes qui ont fait le choix de l’appliquer dès 2013. En témoigne une enquête* menée par le SNUipp-FSU, premier syndicat des professeurs du premier degré, dévoilée ce mercredi. 20 Minutes revient sur les trois principaux points de crispation des profs à l’égard des nouveaux rythmes.

1.    Les conditions d’apprentissage des élèves ne se sont pas améliorées

La réforme des rythmes scolaires a été présentée par Vincent Peillon comme un levier important pour améliorer la réussite des élèves. Or, seulement 22% des enseignants estiment que les conditions d’apprentissage des élèves se sont améliorées avec les nouveaux rythmes. Et alors que le ministère pensait que la réforme allait permettre un meilleur équilibre de la semaine scolaire, seulement 25% des enseignants considèrent que l’organisation de tous les domaines d’enseignement dans la journée et la semaine des élèves est plus satisfaisante.

Quand les activités périscolaires sont prévues sur la pause méridienne, les enseignants estiment qu’elles engendrent de l’excitation et qu’il est très difficile ensuite de mener des activités scolaires l’après-midi. Et lorsque les activités périscolaires sont programmées l’après-midi, elles entraînent des contraintes d’emploi du temps plus nombreuses, car les activités longues (natation, sorties culturelles…) doivent être programmées sur les matinées.

2.    Les conditions de travail des enseignants se sont dégradées

75% des profs interrogés estiment que leurs conditions de travail se sont dégradées. Les profs pointent notamment le désagrément que leur cause le partage des salles de classes avec les animateurs, les créneaux horaires des activités pédagogiques complémentaires qui leur sont imposées par certaines organisations municipales… Ils évoquent aussi le surcoût en frais de garde d’enfant engendré par la demi-journée de classe supplémentaire et l’augmentation de leur temps de trajet. Certains expliquent aussi que les réunions d’animation pédagogiques entre enseignants sont désormais placées le mercredi après-midi, au détriment de leur vie personnelle.

3.    Le sentiment d’être laissés pour compte

Pour beaucoup d’enseignants, la mise en œuvre de la réforme s’est faite sans eux. 60% d’entre eux estiment en effet que l’avis du conseil d’école n’a pas été suivi dans l’élaboration des projets de nouveaux rythmes scolaires par les communes. Or, ils auraient apprécié être consultés sur les transitions scolaires et périscolaires, sur l’utilisation des salles de classes, sur l’organisation des nouveaux rythmes en maternelles… Ce qui aurait permis selon eux d’éviter des tensions et d’élaborer des projets suscitant davantage d’adhésion.

*Enquête menée en ligne du 20 janvier au 10 février 2014 auprès de 3.568 enseignants des écoles dont l’établissement a appliqué les nouveaux rythmes dès 2013.