Très peu de Français déclarent ne pas vouloir d'enfant

SOCIAL Le désir de ne pas avoir d'enfant est souvent motivé par le souhaite de s'épanouir personnellement et de garder une forme de liberté...

Delphine Bancaud

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Très peu de Français déclarent ne pas vouloir d'enfant: 6,3% des hommes et 4,3% des femmes. Parce qu'ils affirment être "bien" ainsi ou "veulent rester libres", notamment pour les femmes diplômées, révèle mercredi une enquête de l'Ined.
Très peu de Français déclarent ne pas vouloir d'enfant: 6,3% des hommes et 4,3% des femmes. Parce qu'ils affirment être "bien" ainsi ou "veulent rester libres", notamment pour les femmes diplômées, révèle mercredi une enquête de l'Ined. — Jean-Sebastien Evrard AFP

Pour eux, la paternité ou la maternité n'est pas un passage obligé. Aujourd'hui, 6,3% des hommes et 4,3% des femmes déclarent ne pas vouloir d'enfant. Parce qu'ils affirment être «bien» ainsi ou «veulent rester libres», notamment pour les femmes diplômées, révèle mercredi une enquête* de l'Ined. Des chiffres qui demeurent faibles car «la pression sociale pour avoir des enfants est forte à tous les âges», souligne l'Ined. Fait surprenant: la moitié des personnes volontairement sans enfant sont en couple.

Les femmes les plus diplômées

Lorsqu'ils sont en couple, les Français sont encore moins nombreux à déclarer ne pas vouloir d'enfants: 3% pour les femmes et 5% pour les hommes, des chiffres stables depuis 1995. Après 35 ans, le souhait de ne pas être parent est très minoritaire pour les femmes comme pour les hommes en couple, indépendamment de leur milieu social: presque tous souhaitent devenir parent (ou le sont déjà), souligne l'étude.«Une certaine pression, diffuses’exerce de manière progressive sur les couples ne s’engageant pas dans un projet parental, alors même qu’ils réuniraient les « bonnes » conditions pour avoir un enfant», insiste l'Ined.

En revanche, parmi les femmes n’étant pas en couple, ce sont les plus diplômées qui déclarent le plus souvent vouloir rester sans enfant. «Elles sont plus que les autres inscrites dans des parcours de vie sortant des schémas traditionnels de socialisation assignés aux femmes dès le plus jeune âge», indique l'Ined. A l'inverse, les hommes qui ne sont pas en couple sont moins nombreux à ne pas vouloir d'enfant lorsqu'ils sont très diplômés.

D'autres priorités

Parmi les raisons expliquant le fait de rester sans enfant, la notion d’épanouissement personnel est largement citée: huit fois sur dix, femmes (79%) et hommes (83%) déclarent «être bien sans enfant». Les raisons matérielles et de santé sont peu évoquées.

Les hommes et femmes les plus jeunes mettent très souvent en avant le fait d’avoir d’autres priorités. Les personnes faisant ce choix attendent aussi le «bon» moment pour avoir un premier enfant, notamment après avoir profité d’une période «libre» d’enfant.Le fait de se considérer comme trop âgé est un argument très souvent mis en avant après 40 ans, notamment pour les femmes.

*Cette étude de l'Institut national d'études démographiques mêle les résultats d'une enquête «Fecond», réalisée en 2010 auprès de 8.648 personnes et d'une enquête par entretiens qualitatifs menés en 2009-2010 auprès de 51 personnes.