Alep, le 11 décembre 2013, un opposant au régime syrien pointe son arme vers les balcons enneigés de la ville.
Alep, le 11 décembre 2013, un opposant au régime syrien pointe son arme vers les balcons enneigés de la ville. — MEDO HALAB / AFP

Société

Syrie: Le témoignage choc d’un djihadiste français

SOCIETE – Europe 1 a recueilli le témoignage d’un combattant de l’Etat islamique de l’Irak et du Levant…

Il a 30 ans, il est Français et il combat en Syrie, à Alep, au sein de la milice de l’Etat islamique de l’Irak et du Levant, le groupe le plus radical du pays. Europe 1 a recueilli, par vidéo, via Internet, le témoignage de celui qui dit se nommer Abou Shaheed

«C'est une démarche spirituelle et, évidemment, si j'ai fait tout ce chemin, c'est pour le combat et uniquement pour le combat. Ce que nous voulons pour la Syrie c'est qu'elle soit régnée par les lois d'Allah. C'est un combat entre l'islam et tous les autres systèmes gouvernementaux», explique celui qui a tenté d’aller combattre en Afghanistan, au Yemen et au Mali, sans succès.

«Je suis un enfant de la France, je suis né en France. Et grâce à la France, et à son système démocratique, j'ai compris que les lois humaines sont imparfaites. La France produit des inégalités qui sont à l'origine de ma réflexion sur les musulmans», explique le jeune homme qui assure que son «intention est de mourir en martyr ici».

Un phénomène qui prend de l’ampleur

Il met également en garde la France, assurant que le but, «pour les générations futures» et d’arriver «jusqu’à Paris». «Ce que je peux dire à François Hollande et à son gouvernement c'est qu'il devrait cesser de combattre l'islam. Je parle de la Centrafrique, je parle du Mali. Tous les jours vous parlez de l'islam, de la viande halal, pour diaboliser l'islam. Il faudrait vraiment qu'il se méfie», lance-t-il.

Ce témoignage intervient alors que Manuel Valls s’est dit inquiet, à la fin du mois de janvier, de l’ampleur prise par le phénomène des Français qui partent combattre à l’étranger. «Il s’agit de près de 700 Français ou individus résidant en France qui sont recensés et plus ou moins impliqués par rapport au conflit en Syrie», avait-il notamment déclaré.