Cargo échoué à Anglet: La justice privilégie la piste de l’avarie de machine

NAUFRAGE «Il n’y a pas de faute pénale à cette heure», a précisé la procureur de Bayonne...

avec AFP

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Un cargo échoué près d'Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques, le 5 février 2014.
Un cargo échoué près d'Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques, le 5 février 2014. — N.MOLLO/PHOTOMOBILE/SIPA

Une avarie de machine, ou plutôt deux avaries consécutives, sont l'hypothèse privilégiée par l'enquête sur le cargo échoué mercredi à Anglet, a indiqué la procureur de Bayonne.

«Il n'y a pas de faute pénale à cette heure (...), on part sur une avarie de machine à l'origine du naufrage», a déclaré à la presse Anne Kayanakis, qui a confirmé qu'une enquête judiciaire avait été ouverte le 5 février, afin d'établir ou d'exclure d'éventuelles responsabilités pénales à l'origine du naufrage. Une tentative de pompage de 70 tonnes de carburant, dans une cuve intacte à l'avant du cargo brisé en trois parties, devait intervenir dans l'après-midi.

«Aucun témoignage ne met en cause la conduite du commandant»

«A l'heure qu'il est on ne peut pas confirmer qu'il y ait eu négligence de la part du navire, il est prématuré d'en dire plus», a ajouté la procureur, précisant toutefois qu'«aucun témoignage ne met en cause la conduite du commandant et des membres de l'équipage, au contraire», ni n'évoquent de «comportements désordonnés» ou de «panique».

En outre, a rappelé la magistrate, le bateau avait fait l'objet de vérifications et les certificats délivrés «n'avaient pas révélé d'anomalie».

Selon le scénario établi du naufrage, une première avarie est survenu au moment ou le «Luno» s'est présenté pour entrer dans le port de Bayonne après en avoir reçu la permission. Le moteur est reparti mais «une deuxième avarie électrique, conjuguée aux conditions météo alors, a fait que le navire n'était plus manoeuvrable».

L’équipage «éprouvé»

Les onze membres d'équipage ont été entendus par la section de recherches de la gendarmerie maritime de Brest, chargée de l'enquête. Ils sont «très éprouvés» et devaient regagner l'Espagne dans le courant de vendredi, a précisé Anne Kayanakis.

L'enquête judiciaire vise les infractions d'échouement par négligence ou non-respect des règlements maritimes (passible de 6 mois de prison et 15.000 euros d'amende), de pollution des eaux due à un accident de mer (800.000 euros) et blessures involontaires avec ITT inférieures à 3 mois (un an de prison et 15.000 euros), a souligné la procureur.