Anglet: Le pompage du carburant du cargo débute ce vendredi

avec AFP

— 

Un cargo s'est échoué à Anglet, près du port de Bayonne, le 5 février 2014.
Un cargo s'est échoué à Anglet, près du port de Bayonne, le 5 février 2014. — GAIZKA IROZ / AFP

Les premières opérations de pompage du carburant de l'épave du cargo espagnol, qui s'est échoué mercredi à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), devraient débuter vendredi après-midi, une course contre la montre avant une nouvelle dégradation des conditions météorologiques attendue ce week-end.

Désormais brisé en trois morceaux, le navire de 100 mètres de long restait sous l'œil attentif des autorités au lendemain du spectaculaire naufrage qui l'a vu heurter une digue à Anglet, alors que l'armateur espagnol n'a pu fournir jeudi soir un premier plan pour mettre en œuvre le dégagement du navire, faute d'avoir reçu la totalité des réponses à ses appels d'offre.

Profiter de la marée basse

En conséquence, les deux mises en demeure le visant -l'une demandant de «faire cesser le danger nautique» présenté par l'épave, l'autre visant «à faire cesser les risques de pollution»- ont été reconduites jeudi soir, aucun délai n'étant pour l'instant fixé, selon Patrick Dallennes, sous-préfet de Bayonne.

Après une première tentative avortée dans la nuit de mercredi à jeudi, des experts mandatés par l'assureur du navire, accompagnés du chef-mécanicien du cargo et épaulés par des pompiers et des membres du Centre d'expertises pratiques de lutte antipollution (Ceppol) de la Marine nationale, ont finalement pu accéder jeudi après-midi à l'avant de l'épave, échoué sur la plage de La Barre. C'est dans cette partie du navire que seraient stockés 70% du carburant du cargo, soit 60 à 70 tonnes.

Profitant de la marée basse, les experts ont pu vérifier que sur les trois cuves de l'avant du bateau, une seule contenait du gazole et qu'elle était «intacte», sans fuites, selon le maire d'Anglet, Jean Espilondo. Selon Patrick Dallennes, les opérations de pompage devraient débuter vendredi vers 15h. Il y aura alors un «créneau d'une à deux heures» correspondant à la marée basse, a-t-il souligné.

«Il va falloir aller vite»

«Il va falloir aller vite car les conditions climatiques se dégradent samedi et dimanche», a indiqué Jean Espilondo, prévoyant une «opération difficile» car «le bateau gîte de 15 degrés sous l'effet des vagues». L'armateur devrait s'appuyer sur la société néerlandaise Smit Salvage, spécialisée dans la prise en charge de bateaux en difficulté.

Un avion-cargo Antonov, affrété par Smit Salvage, devait atterrir dans la soirée de jeudi à Biarritz avec du matériel de pompage acheminé vendredi matin sur les lieux du naufrage. Selon le sous-préfet, les 20 tonnes de carburant stockées dans l'arrière du navire se sont «vraisemblablement dispersées», en raison de la houle, ce qui, selon lui, ne devrait pas entraîner de pollution directe des plages. Ce carburant est en effet «plus léger que l'eau», «flotte et s'étend à la surface en des milliers de micro-gouttelettes qui se diluent dans l'eau», a précisé à un membre de la cellule technique du Ceppol.