Cargo espagnol échoué à Anglet: L'enquête démarre, le remorquage attendu

ACCIDENT Selon la gendarmerie, les auditions des onze membres de l'équipage du Luno ont démarré ce jeudi matin...

B.D. avec AFP

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Un hélicoptère survole le cargo espagnol "Luno" échoué le 5 février 2014 sur une digue à Anglet
Un hélicoptère survole le cargo espagnol "Luno" échoué le 5 février 2014 sur une digue à Anglet — Gaizka Iroz AFP

L'enquête sur les circonstances de l'accident spectaculaire d'un cargo espagnol, qui a heurté une digue à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) mercredi avant de se disloquer en deux puis trois parties, a démarré ce jeudi, alors que le propriétaire cherchait le moyen de remorquer ce qu'il reste du navire.

Selon la gendarmerie, les auditions des onze membres de l'équipage du Luno, un cargo de 100 mètres de long, ont démarré ce jeudi matin. L'enquête est menée par la section de recherches de la Gendarmerie maritime sous la houlette du parquet de Bayonne. Une enquête administrative confiée au Bureau d'enquête-accident espagnol, qui y associera des représentants français a également été ouverte. Enfin, l'assureur du navire va aussi mener une expertise, selon le préfet des Pyrénées-Atlantiques.

Pas de marée noire

«La quantité et la nature du carburant contenu dans les soutes du navire échoué», du gazole marin, «ne sont pas susceptibles de provoquer une pollution de type marée noire», a encore assuré la préfecture, au lendemain de déclarations dans ce sens du ministre de la Mer, Frédéric Cuvillier.Restent à déterminer les circonstances de l'accident et les moyens de remorquer les trois parties du navire, qui s'est brisé en deux puis disloqué en trois morceaux dans la nuit de mercredi à jeudi.

Selon une source proche du dossier, le navire qui reliait à vide Bilbao (nord de l'Espagne) à Bayonne, où il devait récupèrer un chargement de billes d'acier, était arrivé à proximité du port dès mardi soir. Il a tenté une première entrée, sans succès, en raison d'une première avarie électrique qui a provoqué sa dérive, avant que le courant ne soit rétabli. Mercredi matin, le cargo semblait, à 9h30, avoir récupéré sa propulsion et, accompagné par deux remorqueurs il a pris à nouveau le chemin du port. C'est là que s'est produit la deuxième panne, «une avarie électrique totale», le rendant impossible à manoeuvrer, et le conduisant inéluctablement au naufrage.

Mises en demeure

La préfecture maritime de l'Atlantique a indiqué à l'AFP que la régulation des entrées et sorties du port n'était pas de sa compétence. La décision de laisser entrer le navire relève normalement de la compétence de l'autorité portuaire de Bayonne et du commandant du cargo. Le propriétaire du navire s'est vu notifier deux mises en demeure, l'une lui demandant de «faire cesser le danger nautique», présenté par l'épave, et l'autre visant «à faire cesser les risques de pollution». «On lui a demandé de produire pour 18h un plan pour faire cesser ces risques et dangers», a précisé la préfecture maritime.Le propriétaire a contacté son assureur qui a fait appel à Smit Salvage, une société néerlandaise spécialisée dans la prise en charge de bateaux en grande difficulté, selon la même source.

Ce jeudi matin, un pan du cargo rouge, l'avant, contenant quelque 80 tonnes de fuel, gisait toujours près du rivage, observé par des centaines de badauds, tandis que son château se trouvait toujours dans l'eau à une quarantaine de mètres du rivage, la houle semblant faiblir. «Il m'importe maintenant que ce cargo soit évacué au plus vite», s'impatientait sur son compte Twitter le maire d'Anglet, Jean Espilondo. «Il faut que l'armateur établisse le meilleur procédé. On ne l'enlève pas comme une voiture au bord de la route», a expliqué le capitaine de corvette Lionel Delort, de la Préfecture maritime de l'Atlantique, soulignant que la saison étant marquée par une faible amplitude de marée, la partie avant restait immergée, compliquant la situation.

Des experts ont déjà tenté d'accéder, sans succès, dès 2h du matin, à l'avant du bateau qui s'était échoué sur la plage de La Barre, selon le sous-préfet Patrick Dallennes. Ces professionnels, mandatés par la société d'assurances du cargo, étaient épaulés par des pompiers et accompagnés notamment de membres du Centre d'expertises pratiques de lutte antipollution (Ceppol) de la Marine nationale. «A priori», aucune fissure au niveau des réservoirs n'a été détectée, a-t-on indiqué à la mairie, alors que sur place aucune odeur de carburant n'était perceptible. Le Luno était en service depuis 1994. L'accident s'est soldé par un seul blessé léger.