#Safedanslarue: «Si je marche derrière une femme dans une rue vide, je change de trottoir»

TÉMOIGNAGES es internautes masculins de «20 Minutes» racontent comment ils anticipent le sentiment d'insécurité des femmes dans la rue...

Christine Laemmel

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FAYOLLE PASCAL/SIPA

La blogueuse féministe Crêpe Georgette le réclamait dans ses «commandements» pour lutter contre le sexisme. «Dans la rue la nuit si une femme est seule, je la dépasse vite en me mettant sur le trottoir d'en face pour montrer que tout est safe», écrivait-elle dans sa proposition n°3.

Destiné aux hommes, ce tweet a fait bouillonner Twitter mardi soir. Le hashtag #safedanslarue est né quelques heures après et de très nombreuses femmes y ont confié leur angoisse de l’agression nocturne. Ce que n’imaginait peut-être pas cette blogueuse, c’est que certains hommes ont déjà intégré ces recommandations. C’est en tout cas ce que nous ont confié les internautes masculins de 20 Minutes que nous avons interrogés.

>> En tant qu’homme, quelle attitude adoptez-vous quand vous croisez une femme seule dans la rue? Avez-vous déjà constaté des signes de crainte, de crispation, de recul, de leur part? Votre comportement diffère-t-il en plein jour et la nuit? Vous changez de trottoir? Vous agissez comme si de rien n’était? Vous vous empêchez d’aborder une femme seule de peur de sa réaction?

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Tooeyne: «Je mets le nez dans mon téléphone»

«Je mets les écouteurs et le nez dans mon téléphone pour montrer que non je ne m'intéresse pas à elle, j'évite le contact visuel. Si elle s'arrête, je la dépasse rapidement et si elle accélère je ralentis voire je m'arrête pour lui laisser prendre de la distance. Il y a plein de signes qui montrent que la femme n'est pas rassurée (elle accélère, rapproche son sac vers elle). Il faut vraiment prendre du plaisir à faire peur aux gens pour ne pas adapter son comportement.»

Bibop: «Ralentir le pas ou ne rien changer»

«Il n'est pas forcément évident de repérer le "stress" de la personne devant vous ou que vous croisez (on a aussi le droit d'être en train de penser à autre chose). Si on le remarque, on peut soit estimer qu'il est injustifié voire vexant et simplement ne rien changer, ou bien s'adapter, ralentir le pas. Mais de là à faire attention à toutes les peurs réfléchies ou non, faut pas abuser. Être un homme ne signifie pas être un agresseur en puissance.»

Rouk: «J'essaie généralement de changer de trottoir»

«Si je me retrouve à marcher derrière une femme dans une rue vide et mal éclairée, j'essaie généralement de changer de trottoir. Une fois, j'ai reconnu une voisine de mon immeuble dans le métro. Du coup je lui ai laissé de l'avance, car elle marchait vite, et ça aurait été encore plus étrange si je m'étais mis à courir à côté d'elle. Arrivé à la porte d'entrée, j'ai attendu une bonne dizaine de secondes après qu'elle referme la porte de l'immeuble pour composer le code à mon tour.»

Com: «Quand je voyais des signes de crispation, j’étais plus mal à l’aise qu’elles»

«Quand j'étais étudiant, le chemin reliant la cité U au centre commercial était assez isolé avec un tunnel. En tant qu'homme je n'y étais déjà pas forcément à l'aise. J'ai eu l'occasion de voir des signes de crispation et même de la crainte quand des filles se retournaient plusieurs fois comme pour me surveiller. J’étais sans doute plus mal à l'aise qu'elles ne l'étaient. Dans ces cas-là, je change de trottoir ou je modifie ma cadence.»

Mr Marmotte: «Je me demande si ma tête fait peur à ce point»

«Il m'est arrivé plusieurs fois de remarquer qu'une fille stressait de ma présence derrière elle. Ça ne fait pas spécialement plaisir c'est sûr, à chaque fois je me demande si ma tête fait peur à ce point. Ce qu'elle ne sait pas elle en revanche, c'est que je suis en fait son sauveur potentiel car je ne laisserai jamais une nana se faire agresser devant moi à 4h du matin sans réagir.»