VTC: Les taxis manifesteront leur colère lundi

TRANSPORT LE Conseil d'État a suspendu le décret imposant aux sociétés de VTC un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client qu'elles jugeaient trop favorable aux taxis...

avec AFP

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Des taxis se sont rassemblés devant les Invalides, à Paris, le 14 janvier 2013, pour dénoncer la «concurrence déloyale» des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC).
Des taxis se sont rassemblés devant les Invalides, à Paris, le 14 janvier 2013, pour dénoncer la «concurrence déloyale» des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC). — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Ils ne veulent pas en rester là. Les syndicats de taxis ont d'ores et déjà annoncé ce mercredi qu'ils manifesteront lundi à Paris après la décision du Conseil d'État de suspendre le décret imposant aux sociétés de VTC un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client qu'elles jugeaient trop favorable aux taxis.

«Le Conseil d'Etat est en déphasage complet avec la réalité du terrain. On veut maintenant que l'Etat prenne ses responsabilités en légiférant car nous sommes en train de couler à petit feu», a réagi auprès Nordine Dahmane (FO-taxis).

Les syndicats attendent des pouvoirs publics «qu'ils interdisent toutes les applications de réservation qui permettent à d'autres de faire n'importe quoi», VTC ou nouveaux services de covoiturage urbain, tel celui lancé mercredi par la société américaine Uber, affirme Nordine Dahmane. «Cette décision renforce la détermination de l'intersyndicale», a-t-il ajouté.

L'arrivée en France d'UberPOP, le service de covoiturage permettant à des particuliers d'être rémunérés pour le transport d'autres personnes sur de courts trajets, «revient à légaliser les taxis clandestins», «c'est hors la loi», estime par ailleurs Nordine Dahmane.

Une mobilisation forte attendue lundi

Yann Ricordel, directeur général en charge du développement de la compagnie des Taxis Bleus, indique  aussi être «extrêmement choqué par cette décision», et en appelle aux pouvoirs publics, qui doivent «prendre leurs responsabilités sur les droits et les devoirs des uns et des autres».«On ne peut que regretter que la situation actuelle se poursuive. On est dans une anarchie complète au niveau des prestataires, avec des prix non réglementés. Chacun fait ce que bon lui semble», a-t-il commenté, contacté par l'AFP.

Selon l'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, SDCTP et CST), la mobilisation des taxis lundi sera plus forte que le 13 janvier. Entre 1.000 et 3.000 taxis, selon les organisateurs, 600 selon la préfecture de police, avaient pris part à cette opération escargot, marquée par quelques débordements et dégradations à l'encontre de VTC et taxis non grévistes.

Lundi, deux cortèges partiront vers 8H00 à petite allure des aéroports parisiens de Roissy et Orly pour converger dans la matinée vers le Trocadéro, à Paris.