Groupe de Cannes-Torcy: un homme de retour de Syrie écroué en France

avec AFP

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Un homme de 25 ans, qui gravitait autour de la cellule islamiste dite de Cannes-Torcy, a été mis en examen et écroué la semaine dernière pour être allé combattre en Syrie, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Il avait été interpellé le 16 janvier en Italie, alors qu'il revenait de Syrie. Après le feu vert de la justice italienne, il a été remis à la France avant d'être mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme, puis écroué.

Il est l'un des deux hommes originaires du Cannet (Alpes-Maritimes) dont les enquêteurs étaient convaincus qu'ils étaient partis combattre dans les rangs jihadistes les troupes de Bachar al-Assad.

La cellule de Cannes-Torcy comporte deux volets. Le premier concerne l'attentat à la grenade qui avait légèrement blessé une cliente d'un commerce juif de Sarcelles, dans le Val-d'Oise, le 19 septembre 2012.

Le groupe soupçonné de cette attaque avait été démantelé en octobre. Un de ses chefs, Jérémie Louis-Sidney avait été tué par les tirs de riposte de policiers venus l'arrêter à Strasbourg. Un autre, Jérémie Bailly, également converti, avait été arrêté trois jours plus tard à Torcy, en Seine-et-Marne.

Les enquêteurs avaient alors retrouvé dans un box de Torcy du matériel permettant de fabriquer une bombe. Ils avaient aussi établi des liens entre ces hommes et de jeunes islamistes de la région de Cannes.

Ils avaient également découvert des testaments, dont ceux des deux hommes partis en Syrie.

Celui qui a été intercepté en Italie est le frère aîné d'un ancien militaire de Toulon mis en examen le 21 juin, soupçonné d'avoir détourné du matériel de l'armée et de lui avoir apporté une aide logistique.

Au moment de son démantèlement, la cellule de Cannes-Torcy avait été décrite par le procureur de la République de Paris François Molins comme le groupe le plus dangereux depuis la vague d'attentats en France au milieu des années 1990.

Les islamistes quittant la France pour aller combattre en Syrie sont la principale source de préoccupation des services antiterroristes français, qui redoutent leur retour, une fois aguerris au combat.

Selon les dernières estimations, ils sont entre 6 et 700 à y être allés, à en être revenus ou à envisager ce périple via la Turquie.

La justice antiterroriste a prononcé 25 mises en examen dans des dossiers de filières jihadistes syriennes et seize informations judiciaires sont en cours à Paris.

La semaine passée, deux Toulousains de 15 et 16 ans ont été mis en examen, une décision rarissime pour des mineurs en matière d'antiterrorisme. Ils ont expliqué s'être rendus en Syrie, via la Turquie, avant que des proches ne les ramènent en France.