Violation de la Convention des Droits de l'enfant: Le Vatican dément les accusations de l'ONU

MONDE Le Vatican doit déférer les pédophiles à la justice, insiste aussi l'organisation...

avec AFP

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Vatican 13 mars 2013
Vatican 13 mars 2013 — A.-L. Beraud / 20 Minutes

Le Vatican viole la Convention sur les Droits de l'enfant dans les affaires de sévices sexuels, a affirmé mercredi la présidente du Comité des Droits de l'enfant pour les Nations Unies, Kristen Sandberg. Interrogée pour savoir si le rapport du Comité présenté mercredi aboutit à dire que le Vatican viole cette Convention dans les affaires de sévices sexuels Kristen Kirsten a dit: «ma réponse simple est oui, il y a une violation de la Convention jusqu'à maintenant parce qu'ils n'ont pas fait tout ce qu'ils auraient dû».

Le Comité des droits de l'enfant des Nations Unies a par ailleurs demandé mercredi au Vatican de déférer devant la justice tous les pédophiles au sein de l'Eglise, critiquant l'attitude du Saint Siège dans le passé. Le Comité demande au Vatican «de relever immédiatement de leur fonction toute personne suspectée d'abus sexuel et de déférer leur cas aux autorités judicaires compétentes à des fins d'enquête et de poursuites».

Contre-attaque du Vatican

Le Saint-Siège a dans un premier temps «pris acte» jeudi des vifs reproches de l'ONU à son égard sur les abus pédophiles, mais a rejeté «une tentative d'ingérence» sur les positions de l'Eglise sur l'avortement. «Le Saint-Siège prend acte des observations finales» qu'elle examinera «avec attention», promet le Saint-Siège dans un communiqué. Le Vatican critique en même temps «une tentative d'ingérence dans l'enseignement de l'Eglise sur la dignité de la personne et l'exercice de la liberté religieuse», en allusion aux critiques du comité sur les positions du Saint-Siège contre l'avortement et la contraception.

En fin de journée, le Vatican a cette fois accusé l'ONU de «déformer» les faits dans un rapport «préparé à l'avance». «Le document (de l'ONU) ne semble pas à jour», ajoute Mgr Silvano Tomasi, observateur près de l'ONU à Genève, dans une interview à Radio Vatican, avant de détailler les mesures prises par l'Eglise catholique contre ces abus. «C'est une question de faits, d'évidence, qui ne peuvent pas être déformés!», ajoute-t-il. C'est la première fois que le Saint-Siège se retrouve sévèrement mis en cause par un organe de l'ONU qui fait autorité dans son domaine.